10/04/19

Un premier tour à l’extérieur contre une redoutable équipe belge, seulement battue au terme du double décisif l’an dernier au même stade de la compétition… Cette rencontre Belgique-France, organisée à Liège les 9 et 10 février, avait tout d’un piège pour l’équipe de France de Fed Cup. Mais sur le terrain du Country Hall de Liège, les Françaises ont tout de suite mis leurs adversaires sous pression. D’abord grâce à la victoire en trois sets de Caroline Garcia contre Alison Van Uytvanck puis à celle d’Alizé Cornet, très solide contre Elise Mertens. La numéro un française n’avait plus qu’à conclure le dimanche et elle n’a pas laissé passer sa chance. Opposée à Elise Mertens dans le match des numéros un, la Lyonnaise a récité son tennis pour offrir aux Bleues le troisième point, synonyme de qualification pour les demi-finales contre la Roumanie.

Première réussie pour Benneteau
Une équipe de France au complet avec les cinq meilleures joueuses françaises au classement WTA et une victoire 3-0 contre une dangereuse équipe belge : Julien Benneteau en rêvait sûrement avant le premier tour de cette campagne de Fed Cup 2019. Et pour sa première en tant que capitaine de l’équipe de France féminine, c’est exactement ce qu’il a vécu.

"Gagner 3-0, personne ne pouvait le prédire, donc c’est forcément un sentiment fantastique, on est tous très heureux du résultat final, confiait-il après la rencontre. Ce qui est top c’est aussi le niveau de jeu produit sur le terrain. C’est super gratifiant quand ça se passe comme ça. C’est une semaine pendant laquelle j’ai pris mes marques et essayé de faire de mon mieux pour tenter d’aider les filles à se sentir bien sur le terrain. Avec le staff, on les a préparées pour qu’elles soient au maximum le week-end. Pendant les matchs, j’essaie de rester naturel et d’apporter un petit plus quand elles en ont besoin."

france victoire belgique fed

Les Bleues aussi aiment l’ocre
Pourquoi choisir la terre battue pour recevoir la Roumanie emmenée par la tenante du titre de Roland-Garros ? C’est une question à laquelle le staff de l’équipe de France a déjà dû répondre à plusieurs reprises. Oui, Simona Halep est particulièrement dangereuse sur cette surface. Mais la terre battue est aussi la surface sur laquelle les Françaises ont obtenu beaucoup de leurs meilleurs résultats.  21e mondiale, Caroline Garcia a remporté deux de ses six titres sur ocre et atteint les quarts de finale à Roland-Garros en 2017, soit son meilleur résultat en Grand Chelem. Tout comme Kristina Mladenovic, elle aussi quart de finaliste à Paris en 2017. C’est également Porte d’Auteuil que Pauline Parmentier (2014) et Alizé Cornet (2015, 2017) ont atteint les huitièmes de finale. Cette dernière a même remporté cinq de ses six titres WTA sur terre battue et toutes y ont déjà disputé des finales. Et face à Simona Halep et ses coéquipières, les Françaises pourront également compter sur le public normand, qui ne demandera qu’à les porter vers la victoire.

Roumanie, attention danger
Quand on parle de l’équipe de Roumanie, on pense immédiatement à Simona Halep. Actuelle numéro deux mondiale et tenante du titre de Roland-Garros, la Roumaine ne cache pas avoir fait de la Fed Cup l’un des objectifs principaux de sa saison. Mais l’ex-numéro un mondiale n’est pas le seul obstacle qui se dressera devant les Bleues sur la route de la finale. Hormis leur numéro un, la Roumanie, qui s’était imposée contre la France lors de leur seule confrontation en petite finale en 1976 à Philadelphie, peut aussi compter sur un groupe de très bonnes joueuses. À commencer par Mihaela Buzarnescu (31e, 27e en double) mais aussi Irina-Camelia Begu (70e) ou encore Sorana Cirstea (98e) et Ana Bogdan (106e), sans oublier Monica Niculescu (127e en simple mais 48e en double). Une leader et un groupe dense qui ont permis à la Roumanie de créer l’exploit au premier tour en allant battre, sur ses terres à Ostrava, la République tchèque, équipe tenante du titre et sacrée six fois ces huit dernières années.

halep action 2018

Simona Halep, pour l’amour du maillot
Redoutable sur toutes les surfaces, Simona Halep compense son petit gabarit (1,68 m) par d’excellentes qualités de déplacement et sa maîtrise parfaite de l’art de la glissade, si important sur terre battue. Elle a d’ailleurs prouvé depuis longtemps sa valeur sur la surface choisie pour cette demi-finale. En 2008, c’est elle qui avait soulevé le trophée de Roland-Garros chez les juniors. Depuis, la protégée de Virginia Ruzici a remporté 7 de ses 18 titres sur ocre et disputé 7 autres finales sur cette surface avec en point d’orgue – bien sûr – son titre à Roland-Garros en juin dernier après deux finales perdues en Grand Chelem à Paris en 2014 et 2016 et une autre à l’Open d’Australie en janvier 2018.

Désormais solidement installée dans le haut de la hiérarchie mondiale, Simona Halep n’a jamais caché sa fierté de représenter son pays sur tous les courts du monde. Elle décrit même la qualification de la Roumanie pour les demi-finales de Fed Cup comme "l’un des plus beaux jours de sa carrière", et ne cache pas avoir placé la victoire en Fed Cup en numéro un sur la liste de ses objectifs. "En Fed Cup, je ne joue pas pour moi. Je joue pour la Roumanie. Et si ça me met plus de pression, ça me donne aussi beaucoup plus de motivation. Chaque rencontre de Fed Cup booste ma confiance et me donne de l’énergie pour le reste de l’année."

Alors, sauf blessure, la numéro deux mondiale sera bien au rendez-vous les 20 et 21 avril à Rouen pour tenter d’offrir à son pays une première qualification en finale de Fed Cup.

 

Amandine Reymond