04/02/19

La vie réserve parfois de belles surprises et ce n’est pas Fiona Ferro qui dira le contraire. Née à Libramont en Belgique, c’est dans ce pays que la 103e mondiale va célébrer sa première sélection en équipe de France lors du premier tour de Fed Cup opposant la France à la Belgique à Liège les 9 et 10 février.

Un joli clin d’œil du destin pour l’Azuréenne, d’origine belge par sa mère et italienne par son père, dont l’histoire en bleu ne fait sûrement que commencer.

Longtemps formée par Pierre Bouteyre dans le sud, Fiona, qui a débuté le tennis à l’âge de sept ans sur les courts du CMTVSA à Valbonne pour imiter ses deux grands frères, est licenciée depuis 2010 au Nice LTC. Et si l’actuelle protégée de Stéphane Huet a choisi de quitter le sud pour intégrer le CNE en 2017, elle reste très attachée à sa région et à son club.

Frustrée de manquer de peu la montée en première division en 2017 avec ses copines de l’équipe une du Nice LTC, elle avait tenu à répondre présent pour toutes les rencontres de championnat en fin d’année dernière.

Résultat : cinq victoires sur cinq simples disputés et une première place synonyme de montée en première division pour le Nice LTC. "C’était très important pour elle, raconte Stéphane Huet. Elle est très attachée à son club, elle adore jouer les matches par équipes et a un lien fusionnel avec ses copines du tennis notamment Vinciane Remy (-15) et Marie Temin (N.28). Elle est super contente d’avoir participé à la montée de l’équipe."

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

Matchs par équipe #teamdelegende #niceltc #davai @katya_zavatska_ @vincianeremy @marietemin

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"Fiona a un côté très famille, poursuit celui qui l’entraîne depuis octobre 2017. Elle a besoin de se ressourcer de temps en temps auprès de ses proches auxquels elle n’hésite pas à donner un coup de main dans les deux hôtels familiaux et le restaurant tenu par ses frères à Valbonne. Et elle retrouve ces valeurs et ce partage lors des matches par équipes."

Alors même si elle avoue ne pas trop savoir à quoi s’attendre lors de cette première sélection en Fed Cup, celle qui fut triple championne de France dans les catégories jeunes (12-13 ans, 15-16 ans et 17-18 ans) a hâte de porter haut les couleurs de la France dans une compétition qui la fait rêver depuis toute petite. "Elle connaît bien la plupart des filles, notamment Alizé qui est sa coéquipière à Nice, et elle a eu l’occasion de passer du temps avec Pauline et Caroline récemment lors d’un tournoi en Thaïlande, donc elle devrait rapidement prendre ses repères", assure Stéphane Huet.

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

The result of a practice with @alizecornet in China #only40degrees #lookingforoxygen

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D’autant plus qu’elle connaît également déjà un peu les membres du staff. "Thierry Champion est venu avec nous à l’entraînement en Australie et elle a aussi échangé avec Julien Benneteau, raconte son entraîneur." Fiona a aussi souvent eu l’occasion de s’entraîner avec Paul Quétin même si elle travaille désormais avec Pascal Supiot, qui s’occupe de sa préparation physique depuis son installation à Paris en 2017.

De Valbonne à Paris pour un déclic

Un déménagement souhaité par Fiona, alors en recherche de changements après plusieurs saisons à stagner aux alentours de la 300e place. Après quelques mois aux côtés de Jean-René Lisnard puis Georges Goven, Fiona a fait appel à Stéphane Huet qui l’a encouragée à travailler également avec Makis Chamalidis, préparateur mental. "Elle s’est ouverte, a mis des mots sur ce qu’elle ressentait, ses peurs et je pense qu’une grande partie de ses résultats viennent de là. Évidemment le travail sur le terrain est important mais beaucoup de choses se jouent dans la tête !"

Côté tennis, Fiona a également transformé son jeu pour se rapprocher de sa ligne et être un peu plus offensive. Des évolutions rapidement récompensées par un premier titre ITF 25 000$ décroché à Grenoble en février 2018. Un vrai déclic selon son coach. "C’est là qu’elle a vraiment réalisé que son jeu était adapté à toutes les surfaces et pas seulement à la terre battue. Ça l’a vraiment libérée. Elle a continué à bien travailler et elle a récolté les fruits de ses efforts tout au long de la saison."

Et quelle saison ! Un premier match remporté en Grand Chelem à Roland-Garros puis trois autres titres ITF (Padova (ITA, 25 000$), Montpellier (25 000$) et Olomouc (RTC, 80 000$)) ainsi qu’une belle médaille d’argent décrochée lors des Jeux Méditerranéens fin juin en Espagne et surtout une progression de 215 places au classement pour atteindre la barre fatidique du top 100 en octobre dernier.

Autant de bons résultats qui n’ont fait que renforcer la motivation de cette "grosse bosseuse" dont l’humour et la répartie égayent les journées de ceux qui la côtoient. "Elle ne rechigne jamais, il faut même parfois la freiner car parfois elle ne dose pas bien les moments où il faut se reposer. Elle a énormément progressé physiquement. Elle est très impliquée dans son projet et elle a atteint un niveau de maturité qui lui permet de mieux ressentir les choses."

De quoi voir plus haut, beaucoup plus haut. "Il va peut-être falloir une petite période d’adaptation cette année, concède Stéphane Huet. Mais elle continue à travailler dans le bon sens et elle est heureuse sur le court ce qui est primordial. Il faut qu’elle continue à développer son jeu vers l’avant et qu’elle améliore son service. Et si elle arrive à faire ça, il n’y a pas de limites."

 

Amandine Reymond