Où vont les femmes : le parcours de haut niveau du tennis feminin

La filière de formation fédérale des filles

La Direction Technique Nationale de la FFT a repensé toute sa stratégie de développement du tennis féminin vers le haut niveau. Un plan à trois pans.

Jusqu'à 12 ans : la fidélisation
« Comment faire pour qu'une petite fille qui n'a jamais joué choisisse le tennis, qu'elle y reste, et qu'on lui offre les moyens d'exploiter son potentiel au maximum ? », s'est interrogé Alain Solvès, directeur adjoint à la DTN en charge du département Tennis régional. L'approche est désormais spécifique aux filles et non calquée sur les garçons.

Jusqu'à 5-6 ans, le travail est basé sur le développement de certaines habiletés motrices. A partir de 7-8 ans, le tennis évolutif (terrain et matériel adaptés) est prépondérant dans l'apprentissage. Le tout en privilégiant les situations de partenariat aux oppositions.

Les premiers contacts avec la compétition ont été repensés. Certains tournois nationaux 10 ans ont été remplacés par des rassemblements nationaux. Des tournois de double ont été créés pour les 10 ans et les 11 ans. « A deux, les joueuses acquièrent de la confiance, du sens tactique et le plaisir du jeu », ajoute Alain Solvès.

Le format des tournois multichances va être raccourci pour permettre de disputer plus de deux simples par jour. Et ainsi relativiser le résultat. Des compétitions à date anniversaire sont mises en place. Enfin, le Tennis régional préconise de ne plus annuler les compétitions à partir du moment où au moins deux joueuses sont inscrites.

De 13 à 18 ans : s'armer du mieux possible pour entrer dans le monde professionnel
Le département du Tennis national suit les projets des meilleures joueuses de la catégorie 13-18 ans. L'élite de cette catégorie a été densifiée. Pour la saison 2011, quinze joueuses ont été intégrées dans les Pôles France. Trente autres filles font partie du Programme junior national, et sont accompagnées par le Tennis national.

La philosophie a évolué. On veut laisser le temps aux joueuses de se développer. « Dans notre pays, on arrive tardivement à maturité, note Carine Bornu, coordonnatrice du tennis féminin au Tennis national. On ne peut calquer notre modèle sur celui des Pays de l'Est. »

Suivi gynécologique, aspect diététique et approche psychologique sont pris en compte. Des entraîneurs spécialistes de la formation et du tennis féminin ont été embauchés. Et les coachs seront formés sur les spécificités de l'entraînement des joueuses.

Le haut niveau : retrouver l'élite
Responsable du haut niveau la DTN, Alexandra Fusai veut redonner ses lettres de noblesse au tennis féminin français. Son projet s'articule en trois phases. D'abord créer du lien avec les joueuses, les écouter et les accompagner.

Le tennis féminin français doit retrouver sa place dans l'élite mondiale. « Notre pays doit être davantage représenté dans le top 100 », explique Alexandra Fusai. Plus de joueuses seront suivies.

Enfin, la dernière phase envisage de remporter dans les prochaines années un tournoi du Grand Chelem, une finale de Fed Cup ou des médailles aux Jeux Olympiques.