24/01/12

Ses idoles du moment se dénomment plutôt Roger Federer et Gaël Monfils. Mais rien à faire, sa silhouette et son visage lui valent invariablement d’être comparé à Andy Murray. "Ouais, on me le dit souvent", reconnaît dans un sourire ce brun aux yeux bleus. Et c’est vrai que sur un court de tennis, casquette bien vissée sur la tête, Quentin Halys a incontestablement des faux airs de l’Ecossais. Au niveau du jeu, il y a un peu de ça aussi dans le coup droit lifté, le revers à deux mains qu’il sait également slicer de belle manière, le service puissant ou le maniement de l’amorti. "Je suis plutôt un attaquant, détaille le sociétaire du TC du Blanc-Mesnil, surtout du fond du court je dirais, mais j’aime bien aller au filet quand même." Et avec quelle réussite.

Un oeil et une main
Car c’est peut-être l’un de ses autres points communs avec le n°4 mondial chez les "grands": la vista. Autrement dit, la science du jeu. Un atout qui ne s’apprend pas, reconnaissent avec admiration ses entraîneurs, mais est bien de l’ordre du don naturel. "Il a un très, très bon œil, confirme Aloïs Beust, l’un des coaches du Pôle France de l’INSEP. Il est toujours sur la balle, il lit très, très bien le jeu. Et c’est pareil au filet! Il est toujours là où le gars d’en face va jouer. Même s’il rate la volée parfois, il est sur la trajectoire. C’est un très bon tacticien." Et même s’il a chuté au deuxième tour du tournoi juniors, son parcours en qualifications, puis son attitude et sa prestation des plus enthousiasmantes malgré la défaite pour son dernier match à Melbourne ont été appréciées dans le clan français.

Gasquet admiratif
Jusqu’à Richard Gasquet, venu assister à une partie de la rencontre au bord du court. "Il joue bien, admirait ainsi le Biterrois, il est jeune en plus, il a deux ans de moins que les autres. De ce que j’ai vu, il n’a pas de défauts techniques, il ne commet pas de fautes et il a un beau gabarit." Un mètre quatre-vingt-six pour 69 kg. Et encore, il n’a pas fini sa croissance. Mais malgré tous ces voyants au vert, et malgré sa victoire remarquée aux Petits As il y a deux ans, à 13 ans à peine, Quentin Halys veut garder la tête froide et se laisser le temps. "Les Petits As, les gens m’en parlent de moins en moins, confie l’intéressé. Ça m’a fait très plaisir sur le moment, mais je suis passé à autre chose et j’essaie de ne pas me mettre trop de pression."

Cinéma, jeux vidéo et foot
Car si depuis qu’il a cinq ans, le Parisien est tombé amoureux du tennis, c’est "parce que j’ai tout de suite trouvé ça marrant." La compétition, il n’y est d’ailleurs pas venu tout de suite. Et ce qu’il aime plus que tout c’est qu’"on voyage beaucoup, s’enthousiasme-t-il. C’est génial par exemple d’être ici en Australie! Il y a la découverte du pays et puis les Grands Chelems, ce sont des tournois très forts. Le niveau des pros est extraordinaire, au bord du court, cela n’a rien à voir avec la télé!" Et pour ceux qui en douteraient, qu’ils se rassurent, cet élève de seconde a les mêmes centre d’intérêt que la plupart des garçons de son âge. "J’aime le cinéma, dit-il, les jeux vidéo et le foot." Classique, en somme. Le talent et le tennis à haute dose en plus.

(À Melbourne, Myrtille Rambion)