
Sam Sumyk, le coach français champion en Australie
Victoria Azarenka est devenue n°1 mondiale grâce à son titre à Melbourne. Mais aussi à son coach, Sam Sumyk. Interview.
29/01/12 - 09:28
Victoria Azarenka, sacrée pour la première fois à 22 ans championne de l’Open d’Australie et couronnée par la même occasion n°1 mondiale, ne l’a pas oublié dans ses remerciements. C’est d’ailleurs vers lui, que la Biélorusse s’est immédiatement tournée, incrédule, une fois la balle de match face à Maria Sharapova scellée. Lui, c’est Sam Sumyk, le coach français –breton très exactement- installé aux Etats-Unis dont elle s’est adjoint les services depuis le début 2010. Ce premier titre majeur, qui devrait en appeler bien d’autres tant le talent de "Vika" ne fait pas débat, est donc un peu, beaucoup, passionnément, le sien aussi. Paroles de coach.
Comment vous sentez-vous après cette victoire?
(il sourit) Eh bien… Je ne sais pas en fait. Je plane un peu. Ce n’est pas que je n’y crois pas, parce que bien évidemment, ça s’est passé sous vos yeux donc c’est quand même assez réel. Mais… on est bien là, on plane. J’ai l’impression d’être tout seul sur ma planète, là. Tout va bien.
Vous vous attendiez à un scénario tel que celui de la finale, aussi rapide et à sens unique, pour sa première finale?
Non, on ne s’y attend pas. Ce sont des choses dont on rêve un peu avant. Quand vous pensez au match et que vous le préparez un peu, vous vous dites: pourvu que ça se passe facilement… C’est quelque chose que l’on espère, histoire que l’on en panique pas sur la chaise au bord du court. Mais… elle l’a fait, donc c’est encore mieux. (sourire)
Et la nervosité de Victoria au tout début du match, vous l’aviez envisagée?
Oh oui, ça on l’avait prévu un peu! Je m’en doutais un peu, et je me doutais aussi que Maria allait essayer d’en profiter tout de suite. Donc j’espérais aussi que Maria serait un peu nerveuse aussi, parce que, on ne sait jamais, ça peut arriver aux deux. Mais elle ne l’était pas, je pense, ou en tout cas, elle ne le montrait pas.
Lorsqu’elle s’est agenouillée sur le court, qu’avez-vous ressenti à ce moment-là?
En fait, à ce moment-là, je suis ravie pour elle. C’est ma première réaction. Et puis après, je pense un peu à moi, quoi (sourire). Mais en priorité à elle. C’est son moment. C’est grâce à elle que tout se réalise. Moi, je suis juste un peu témoin de la scène, je suis privilégié sur ma chaise à voir ça.
C’est un accomplissement, tout de même pour vous, après toutes ces années sur le circuit?
Oui, mais si on dit "c’est un accomplissement", ça sonne un peu comme "on ne peut pas faire mieux", mais moi, j’adore entraîner, donc qu’on gagne ou qu’on ne gagne pas, je continuerai à entraîner!
Victoria vous a-t-elle surpris sur cette finale, sa première en Grand Chelem?
C’est ma réponse qui va peut-être vous surprendre, mais… non, pas vraiment, en fait. Parce que je sais qu’elle est capable de faire ça. Je le sens depuis un petit moment déjà… Ce n’est pas vraiment un rêve, c’est quelque chose que vous espérez qu’elle fasse et… elle le fait. Et… (il expire) c’est cool, quoi (sourire).
(Propos recueillis à Melbourne par Myrtille Rambion)
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