Richard, à Montpellier, vous évoluez quasiment à la maison… Cela change beaucoup de choses pour vous dans l'appréhension de ce tournoi ?
Oui. Ici, je suis le régional de l’étape. Je ne pouvais pas imaginer ne pas jouer cette épreuve. C’est ma région, ma Ligue. Plus jeune j'y ai écumé tous les tournois. Ca me tient à cœur de bien y jouer. C’est particulier... Là, je dors à la maison alors que d’habitude je visite les hôtels aux quatre coins du globe ! C'est très étonnant.
Quelles sont vos ambitions dans ce tournoi ?
J’ai la capacité d’aller loin ici. J'ai déjà gagné des tournois sur des surfaces aussi rapides que celle-ci, à Lyon par exemple (en 2006, ndlr), alors je sais que je suis capable de gagner ce tournoi… même si après je peux tout aussi bien perdre au prochain tour ! C’est la loi du sport. Mais je me sens bien depuis Melbourne. J’y ai fait un bon tournoi, je suis en confiance. Je suis très content de la manière dont je joue en ce moment. Je suis 16e mondial, pas si loin du Top 10. J’ai fait une belle saison en 2011, ai battu de bons joueurs… Je me rapproche vraiment de mon niveau de 2007. Je ne jouais pas plus mal ni mieux à ce moment-là ; j’avais peut-être un peu plus d’insouciance.
Guy Forget a annoncé dernièrement sa sélection pour le premier tour de Coupe Davis, à Vancouver. Vous êtes déçu de ne pas faire partie du groupe ?
Je l’ai appris par le capitaine, qui m’a appelé. Mais pour être honnête je le sentais dès Melbourne. Des échos que j’avais eus, je me doutais que je ne serais pas sélectionné. Voilà... On a une grande équipe de France, avec beaucoup de bons joueurs. C’est vrai que c’est toujours difficile de ne pas être sélectionné, mais les choix faits ne sont pas critiquables. Les joueurs de simple sont les mieux classés d’entre nous, le double est solide, avec des joueurs qui ont l’habitude d’assurer en Coupe Davis. Par ses résultats à Sydney et Melbourne, Julien (Benneteau, ndlr) a mérité de revenir dans le groupe. C’est normal que ce soient eux qui aillent là-bas. On est deux joueurs du Top 20 à rester sur la touche, Gilles (Simon, ndlr) et moi. D’un sens, c'est positif : ça signifie qu’on a un gros réservoir en France.
Vous serez devant votre télé pour les soutenir ?
Bien sûr ! D’autant que Guy (Forget, ndlr) m’a dit qu’il m’appellerait en cas de blessure d’un titulaire. Mais j’espère bien qu’on n’en arrivera pas là ! Et puis il y a quand même beaucoup de chances qu’on gagne au Canada et je vais tout faire pour être titulaire au prochain tour, en mars. Une campagne de Coupe Davis se gagne toujours à 6 ou 7, on l’a vu il y a deux ans. Je sais que je vais revenir dans cette équipe : si ce n’est pas au Canada, ça sera au prochain tour, en mars, peut-être contre la Suisse. Je souhaite bon courage aux gars là-bas. Je vais les supporter du début à la fin.
(A Montpellier, G. Willecoq)