08/09/13

Stéphane Houdet le reconnaît bien volontiers : "avec Shingo, c’est un peu à toi, à moi." Une semaine après la victoire du n°1 mondial Kunieda à Saint-Louis, le tour de son dauphin était donc venu à l’US Open. Nouveauté cependant : ce fut à l’issue d’une finale à sens unique, remportée en deux sets sans appel par le Français (6/2 6/4). "C’est vrai que d’habitude nos matchs vite expédiés ne le sont pas à mon avantage, sourit Houdet. Il y a un an jour pour jour, c’est lui qui gagnait sur le même score aux Jeux paralympiques."

Pour cette finale opposant les deux patrons actuels du tennis en fauteuil, un troisième larron avait décidé de s’inviter à la fête : le vent. Un paramètre important à gérer… et que le natif de Saint-Nazaire a sans doute mieux appréhendé : "J’ai eu un déclic quand, dans le vestiaire avant le match, Rafael Nadal m’a parlé de ses problèmes avec le vent hier, en demi-finales contre Richard (Gasquet, ndlr), raconte Houdet. J’ai donc revu ma stratégie."

La place de n°1 mondial en ligne de mire

S’il préfère préserver le mystère sur ses ajustements tactiques – "Tant mieux si mes adversaires ont plus de mal que moi à s’adapter aux conditions climatiques !" – ceux-ci n’en sont pas moins efficaces et le score défile très vite en sa faveur. Le premier set est bouclé en 35 minutes, 6/2. Sans fléchir face à un Kunieda qui donne plus de points qu’à l’accoutumée, le double tenant du titre de Roland-Garros continue de varier le jeu, alterne balles bombées et coups coupés avec succès. Il prend vite le large dans le second acte et mène 3-0, puis 5-2.

Le sursaut d’orgueil du Japonais n’y peut rien : malgré une fine tension perceptible, Stéphane Houdet gère son avantage à la marque et, à 5-4, 15-40, décroche son troisième titre du Grand chelem en simple, le premier ailleurs qu'à Paris, sur un retour gagnant. "C’est énorme, souffle t-il. Quand tu gagnes un premier titre majeur, tu as toujours envie d’en ajouter un deuxième, comme pour écrire l’histoire. Et puis une fois le deuxième acquis, tu as envie d’aller challenger ton rival sur une autre surface…" Prochaine étape pour le dorénavant triple vainqueur en Grand chelem : "la place de n°1 mondial, assène t-il, l'œil pétillant. Avec Shingo, nous n’avons pas fini de nous tirer la bourre !"

(A Flushing Meadows, Guillaume Willecoq)