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Beach Tennis
Open des Brisants

Mathilde et Marie-Eve Hoarau : "Une belle émotion pour notre come back aux Brisants"

Après deux ans de pause sur le circuit international, les sœurs jumelles Mathilide et Marie-Eve Hoarau, figures du beach tennis en France, sont revenues à la compétition à l’occasion sur Sand Series de l’Open des Brisants. Demi-finalistes, les Réunionnaises ont réussi un coup d’éclat devant leur public !
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Racontez-nous ce retour à la compétition pleinement réussi à l’occasion de l’Open des Brisants, où vous êtes allées en demi-finales après avoir battu en quart de finale la meilleure paire du monde, les Italiennes Giulia Gasparri et Ninni Valentini (7/5, 6/4)…

Marie-Eve Hoarau : Nous avions décidé toutes les deux de passer l’agrégation d’Eps pour progresser dans notre carrière de professeur et accéder à de nouvelles responsabilités. Nous avons réussi ce concours !

L’Open des Brisants était donc l’occasion idéale pour faire notre « come back ». Les deux premiers tours se sont bien passés, sans trop d’inquiétude. Mais notre pause nous a fait logiquement reculer au classement et avec notre statut de tête de série n°8, nous avions le tirage le plus difficile en quart de finale. On a abordé ce match avec notre état d’esprit habituel, celui de « warriors ». Les Italiennes constituent la paire du moment. On a essayé de faire ce qui les embêtait, de bien défendre, de ne pas mettre trop de rythme, de jouer « placé ». On pense que l’une des deux joueuses a un peu saturé et a tenté des choses un peu trop complexes. Les Italiennes n’ont jamais trop aimé nous jouer de toute façon !

On a vécu une belle émotion sur le terrain toutes les deux, pour un « come back » c’était fort ! On ne s’attendait pas du tout à ça.

Mathilde Hoarau : On avait le public de notre côté, c’était une chance de jouer à la Réunion. On avait énormément d’envie pour jouer ce tournoi. Ça nous a poussé à aller jusqu’au bout de ce match.


Vous ne pouviez pas manquer ce premier Sand Series à la Réunion…

Marie-Eve Hoarau : Oui, avec Mathilde on s’était dit qu’il fallait à tout prix que l’on reprenne sur cet événement. Les émotions de la compétition nous manquaient depuis un moment déjà, mais nous savions que nous n’étions pas prêtes, physiquement et « beachtennistiquement ». C’est un sport qui est très exigeant. Ce tournoi était très attendu, y compris à l’international. Il a été magnifiquement organisé. Il fait partie des meilleurs tournois au monde. L’ambiance était fantastique.

 

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A domicile, les Réunionnaises ont fait le spectacle !
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Un mot sur la demi-finale perdue face à une Allemande et une Espagnole, en deux sets serrés. Des regrets ?

Marie-Eve Hoarau : Nous sommes sorties du match un peu frustrées. Il nous a manqué un petit peu de rigueur, sans doute en raison du manque de compétition. Nous avons moins de repères que les autres joueuses. Mais c’est plutôt positif de savoir ce que l’on doit travailler pour pouvoir mieux faire à l’avenir.

Mathilde Hoarau : On a choisi une tactique qui n’a pas fonctionné. On a eu des difficultés à la changer, malgré le super soutien du public. Le cœur battait très vite ! Mais comme l’a dit Marie, ça a fait émerger certains manques de repères. Après il faut saluer la performance de nos adversaires et notamment celle de la jeune Espagnole (Eva Fernandez Palos). Elle représente l’avenir du beach tennis. Je crois que l’on peut tout de même être satisfaites de ce retour. J’ai retrouvé ma sœur jumelle sur le terrain, c’est magique !


Il y a deux ans, vous aviez donc décidé de mettre votre carrière de joueuse en pause pour passer le diplôme de professeur agrégé d’EPS. Dites-nous pourquoi vous avez fait ce choix ?

Marie-Eve Hoarau : Avec Mathilde, cela fait longtemps qu’on était sur le circuit du beach tennis. A un moment, on a ressenti le besoin d’aller chercher d’autres défis. On est très scolaires. Nous étions déjà profs d’EPS. On avait envie de relever le défi de l’agrégation. Notre motivation pour le « beach » était devenue différente. On avait vécu pleins de belles émotions à travers les compétitions nationales et internationales, les sélections en équipe de France… Cette décision est arrivée un peu avant le début de la crise sanitaire. Elle est donc plutôt bien tombée si l’on peut dire.

Mathilde Hoarau : Mais nous avons continué à nous entraîner pendant cette période. Ensuite les conditions de reprise du circuit était aléatoire et ne favorisait pas notre motivation à revenir. Mais le beach tennis a toujours fait partie de notre vie et il restera toujours important dans notre équilibre de vie.

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Plongeon à lunisson ! Vers le circuit international en 2022 ?
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Vous avez 34 ans et donc votre agrégation en poche. Quel va être votre avenir ? Qu’avez-vous décidé pour la saison prochaine ?

Marie-Eve Hoarau : On est en pleine réflexion, on va avoir du temps puisque la saison 2021 s’achève. Le circuit ITF tel qu’il est aujourd’hui, avec les conditions sanitaires, demande de l’engagement, de l’investissement, des sacrifices, par rapport à la vie professionnelle et personnelle. Ce tournoi était un élément clé pour nous aider à prendre cette décision. Quelles sont nos motivations ? Nos envies ? Et nos possibilités bien sûr…

Mathilde Hoarau : On commence à être « vieilles » (sourire) ! Dans les prochaines semaines on va se décider. Répondre à cette question aujourd’hui est compliqué. Le niveau est très élevé aujourd’hui, les jeunes qui arrivent sont très fortes. Nous prendrons notre décision ensemble. On se laisse donc encore du temps, mais pouvoir revêtir le maillot de l’équipe de France encore une fois ou vivre des émotions telles celles de cet Open des Brisants, ce sont évidemment des arguments qui pèseront dans notre réflexion…

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