Mathieu Guegano et Paul Gotarda, un nouveau duo qui promet
Recueilli par Emmanuel Bringuier
18 mars 2026
Dans ce nouveau carré beach, nous parlons d'un nouveau duo qui pourrait faire des étincelles sur le circuit beach tennis : Mathieu Guegano et Paul Gotarda. Les deux Français nous racontent l'origine de leur association mais aussi leurs ambitions pour cette saison 2026.
Mathieu et Paul, vous êtes numéro 2 et numéro 3 français. C'est donc une nouvelle association très prometteuse. Mais qui a fait le premier pas ?
Paul : Alors, c'est moi ! Ça fait très longtemps que je veux jouer avec Mathieu. On a joué un tournoi l'année dernière, deux BT200 : on en a gagné un et on a atteint la finale de l'autre. Ce n'était pas beaucoup, mais voilà, moi je voulais vraiment jouer avec Mathieu.
Parce qu'il est Français, parce qu'il joue à gauche et moi à droite... Et je trouve qu'on a rapidement des automatismes sans forcément avoir beaucoup joué ensemble. Et c'est assez agréable. Donc j'y ai pensé et je lui ai souvent demandé. Et maintenant, nous jouons ensemble pour ce début de saison 2026.
Mathieu : Bon, je n'ai pas eu trop trop le choix (rires). Comme il l'a dit, on s'est beaucoup posé la question avant. On a joué deux fois ensemble et cela avait plutôt bien fonctionné alors qu'on ne s'était presque jamais entraînés tous les deux. Notre association a quelque chose d'assez naturel.
Je ne l'avais pas mis en première option parce qu'on ne pouvait pas être tête de série sur les gros tournois si on jouait ensemble. Même si l'idée était bonne, je préférais me protéger en étant tête de série. Mais aujourd'hui, le niveau est tellement monté que l'on peut quand même perdre au premier tour en étant tête de série. Je me suis dit que je pouvais tenter ma chance. C'est peut-être un peu plus un risque de mon côté, mais on s'entend bien donc on y croit.
Vos forces sont complémentaires sur un terrain ?
Mathieu : Oui, Paul est un joueur de droite qui défend très bien. Il a un gros volume de jeu et il arrive à jouer défensif tout en apportant de la stabilité. Moi, je suis un joueur à gauche, qui prend un peu plus de risques. On se complète bien et c'est un gros atout, je pense.
Et est-ce que le fait d'avoir été sélectionnés ensemble en équipe de France a aussi permis ce rapprochement ?
Mathieu : D'une certaine manière, ça nous a rapproché parce qu'on a appris à se connaître Mais en sélection... On a joué peut-être deux fois ensemble, quelque chose comme ça ?
Paul : On a très rarement joué ensemble en équipe de France.
Mathieu : Oui, très peu. Ça a plus créé des liens en dehors, parce qu'on a passé du temps en équipe mais ce n'est pas ça qui nous a aidé à prendre cette décision-là.
Et quels sont les objectifs de cette saison ? Est-ce que vous fixez des caps à passer en termes de classement ou de titres ?
Paul : Mathieu est 13e mondial alors que je suis 32e... Je suis quand même plus loin au classement. Donc pour moi, l'objectif, déjà, va être d'avoir de bons résultats afin d'intégrer les 20 premiers. Le niveau est très resserré. L'idée, c'est d'intégrer ce top 20 et après, forcément, de faire des résultats dans des gros tournois : de gagner les BT200 et sur les BT400 ou Sand Series, de faire des demi-finales ou des finales.
Comment allez-vous faire pour vous entraîner ? Mathieu, tu t'entraînes au Brésil alors que Paul, tu es basé à Artigues.
Mathieu : On avait déjà discuté un peu de l'organisation. Je connais très bien l'entraîneur de Paul. Je me suis entraîné très longtemps avec lui, donc je connais sa manière de travailler. Il me connaît aussi très bien, donc on peut aussi avoir pas mal de discussions. Paul a déjà vu aussi mon entraîneur eu Brésil.
Comme il y a beaucoup de tournois au Brésil, c'est surtout entre les compétitions que tout va se jouer. Dans ces moments-là, on va revenir dans le club où je suis, essayer de s'entraîner, passer du temps ensemble. Les compétitions commencent le jeudi, donc il faudra travailler ensemble les lundis et mardis. En cas de semaines sans tournois, on essaiera de se concentrer sur des aspects un peu plus techniques
Paul : On va essayer d'ajuster notre planning au mieux pour passer le plus de temps possible à s'entraîner.
Mathieu : Le plus compliqué, c'est le début de l'année. Sur les deux premiers mois, on s'est pas entraînés une seule fois ensemble. Ce n'est qu'en arrivant au Portugal (pour deux BT 200 de suite, ndlr) qu'on a tapé des balles ensemble, c'est mercredi et le tournoi commence jeudi. Donc c'est très proche. On sent qu'on manque encore un peu d'automatisme, mais on a ce truc toujours un peu naturel. Certes, on a des gros objectifs, mais il ne faut pas se précipiter à vouloir tout gagner aujourd'hui. Même si c'est l'idée...
Nicolas Gianotti a récemment dit que remporter des médailles en équipe de France constituait un de ses gros objectifs cette année. Est-ce que vous aussi, c'est quelque chose qui vous anime, les championnats d'Europe et les championnats du monde en équipe de France ?
Mathieu : Clairement. C'est totalement différent quand tu portes le maillot de ton pays. Parce qu'on ne joue pas que pour nous, on joue vraiment pour toute la nation. Je trouve ça vraiment incroyable d'avoir cette chance d'être en équipe de France. Je ne sais pas si je serai sélectionné, si Paul ou si Nico sera sélectionné, c'est dur de se projeter. Mais on a pour la première fois réussi à avoir une médaille de bronze dans un Mondial. Ça prouve qu'on peut aller chercher encore plus haut et qu'on doit toujours donner le maximum pour essayer d'élever le niveau.
Et pour toi Paul ?
Paul : Comme dit Mathieu, on n'est pas sûr de faire partie de l'équipe l'année prochaine, même si on souhaite très fort y être. J'ai déjà participé à trois championnats d'Europe chez les adultes, mais par contre, l'année dernière, c'était ma première aux Mondiaux. Aux championnats d'Europe, même si tu joues pour ton pays, vous n'êtes que deux, une paire. Aux Mondiaux, il y a toi, ton partenaire, mais aussi toutes les personnes de l'équipe, les autres garçons, les autres filles... Tu représentes l'équipe de France, c'est vraiment tout pour l'équipe.
J'avais peur de stresser mais j'ai réussi à me dire que c'était presque du bonus et à profiter du moment. Franchement, ça a été une expérience énorme, personnellement, mentalement, et "beach tennistiquement" parlant, c'était un des meilleurs moments de ma vie. Si je peux revivre quelque chose comme ça l'année prochaine, je signe avec plaisir !








