Masterclass Wim Fissette et Darren Cahill

Après le succès de la première Masterclass, organisée pendant Roland-Garros en 2025 avec Ricardo Piatti, l’expérience a été renouvelée les 21 et 22 mai derniers, lors de l’Opening Week des qualifications du tournoi parisien. Cette nouvelle Masterclass a réuni deux icônes du coaching international, Wim Fissette et Darren Cahill. Présents sur place, les DFP Bruno Jacquottet et Antoine Bedin livrent leurs impressions sur ces deux interventions d’exception.

Antoine Bedin - DFP Grand-Est : « On sent que Cahill est un affamé de la performance »

« Je trouve toujours sympathique les moments où l’on réunit les cadres techniques, en présence de la DTN. D’autant que le jeu des questions - réponses avec Ivan Ljubicic, responsable du haut niveau à la FFT, ancien n°3 mondial, coach de Federer, a été passionnant. Je l’ai trouvé pertinent dans ses questions, à la bonne distance. Concernant les interventions des deux coaches, j’ai beaucoup aimé celle de Darren Cahill, qui nous a transmis de nombreuses infos « de l’intérieur ». Quand on travaille avec un champion comme Jannik Sinner (après Hewitt, Agassi, Murray ou Halep), il y a parfois un peu de rétention. Ça n’était pas du tout son cas. L’Australien nous a fait part de ses convictions, avec des prises de positions fortes. La première chose que je retiens, c’est le don de soi, le fait de se mettre au service d’un athlète, de son projet. Ce qui est aussi notre cas, à notre échelle bien sûr, dans les territoires. On sent que Cahill est un affamé de la performance. Il fait preuve de sagesse mais son ambition transpire dans chaque phrase. Cahill comme Wim Fissette ont parlé d’expériences différentes, ce qui veut dire qu’à chaque fois, il faut rentrer dans le monde de l’athlète entraîné. Plus généraliste et peut-être plus sage dans son approche, Fissette a partagé de très belles expériences (Clijsters, Swiatek, Halep, Azarenka, Kerber, Errani, Osaka, actuellement Mboko). J’ai aimé quand il a parlé de ses premières collaborations, reconnaissant s’être trompé dans sa communication avec les joueuses. On sent qu’il a travaillé sur lui-même pour avoir cette posture maîtrisée. Avant de devenir entraîneur de haut niveau, il faut être en accord avec soi-même.»

Bruno Jacquottet, DFP de Normandie : « Une initiative pertinente pour l’écosystème des formateurs »

« J’ai d’abord trouvé que le « package » des Masterclass combinées au fait d’assister aux qualifications, permettant de voir la réalité du haut niveau, était super intéressant (cela a fait écho pour mon équipe avec le joueur formé en Normandie, Daniel Jade qui y participait). Les « qualifs » ou les Juniors de Roland-Garros, me semblent être un bon moment pour se réunir lors de ces moments de partage et de transmission d’expérience. Je tiens aussi à souligner la qualité de l’accueil, les enseignants formateurs se sont sentis respectés et bien reçus. Il s’agit donc d’une initiative pertinente pour l’écosystème des formateurs de notre fédération ! Concernant l’intervention de Wim Fissette, un coach très orienté vers le haut niveau féminin, belge non-francophone, je dirais qu’elle a confirmé certaines de mes convictions : notamment développer la joueuse autour de ses points forts et transmettre de la confiance en soi. Il s’agit de convictions importantes pour un entraîneur et un formateur. J’ai trouvé l’intervention de Darren Cahill, coach australien, qui travaille actuellement avec Sinner, captivante par ses anecdotes ; de mon point de vue, son message a été plus impactant, car il ouvre notamment des perspectives innovantes sur le traitement des datas ou l’utilisation de la vidéo ; il nous donne effectivement des pistes de développement. Je trouverais d'ailleurs super d’avoir une sorte de résumé de ses messages principaux. Une telle initiative mériterait d’être renforcée ou reproduite. Il me semble que la plupart des Ligues le font sur leurs tournois majeurs, comme en Normandie sur le tournoi de Rouen (WTA 250), dirigé par Charles Roche, Luigi Borfiga est ainsi intervenu auprès de nos enseignants formateurs ; également, Gilles Cervara, ex coach de Medvedev, qui a apporté son expérience lors d’une formation des 4 Ligues du Tennis Grand Ouest. Pour une prochaine Master Class à Roland-Garros, je pense que la combinaison de deux entraîneurs évoluant l’un au haut niveau masculin et l’autre au haut niveau féminin fonctionne bien, en se rapprochant de la réalité des jeunes de 14 ans et moins. En revanche, il me semble intéressant d’avoir l'intervention combinée d'un coach étranger (avec son éclairage différent), combiné aussi à un entraîneur français pour valoriser également nos entraîneurs de grande qualité. Je pense à Sam Sumyk, qui est parti à l’étranger et peut amener son regard atypique, Gilles Cervara, Jean-Christophe Faurel, présent aux côtés de Coco Gauff, ou à Emmanuel Planque... »