Sander Anglade, nouvel atout chez les Bleues du tennis sourds et malentendants

E.B.

30 juillet 2026

L'Auvergnat de 25 ans, l'un des meilleurs joueurs de France dans la catégorie sourds et malentendants, a décroché une médaille d'argent à Grenoble lors des championnats du monde.

C'est à l'âge de 12 ans que Sander découvre le tennis. Inspiré par son père, qui avait repris la compétition en 2013, le jeune garçon passe rapidement du bord des courts à la raquette en main. "Mon papa avait joué quand il était jeune avant de s'y remettre. J’allais le voir jouer dès que je pouvais et ça m’a donné envie de prendre des cours et jouer des matchs". 

Depuis, Sander n'a jamais quitté son club formateur, le Tennis Club Castelpontin de Pont-du-Château, dans le Puy-de-Dôme. Installé à Thiers, où il travaille dans un magasin, il consacre une grande partie de son temps libre à l'entraînement. Ce qui le passionne avant tout dans le tennis, c'est la compétition. "Ce qui me plaît dans ce sport, c’est la compétition, le fait de progresser dans son jeu, mais surtout la stratégie en match et toujours se battre et avoir des ressources mentales."

En quelques années, l'Auvergnat est devenu l'un des meilleurs joueurs de France dans la catégorie sourds et malentendants. Car oui, Sander est malentendant de naissance. Un handicap qui lui demande forcément une capacité d'adaptation dans la vie de tous les jours. "Je lis surtout beaucoup sur les lèvres. Pour le tennis, cela modifie peu la pratique, juste pour parler sur le court de tennis il est préférable d’être proche, au filet ou sur les bancs, plutôt que chacun d’un côté du court."

Les Championnats du monde des sourds et malentendants disputés en juillet à Grenoble ont, en tout cas, constitué un écrin parfait pour que le joueur démontre sa progression. Malgré une préparation perturbée par une blessure au dos et "quelques kilos en trop" confie-t-il, l'Auvergnat retient une expérience exceptionnelle qui l'a vu obtenir une médaille d'argent avec l'équipe de France.

Deux médailles d'argent pour la France !

"Pour une première sélection je suis super content du niveau de jeu et du résultat que nous avons obtenu. Je n'étais pas dans ma meilleure forme physique ce qui est quand même motivant pour la suite. J’ai vécu de belles émotions, l’état d’esprit de l’équipe était super bon. Nous pouvions rigoler, parler de tout et de rien en dehors du court. Et lorsque nous étions sur le court, les encouragements et soutiens les uns pour les autres étaient formidables. J’ai hâte de revivre des moments comme cela."

Ces moments pourraient arriver dans les prochaines années avec plusieurs échéances importantes qui se profilent. En 2029, auront lieu les Deaflympics à Athènes et le Français espère bien y "décrocher une médaille".

Mais avant cela, Sander espère d'abord progresser plus localement. "Mes objectifs sportifs à court terme seraient de pouvoir monter 2/6 puis 0 ou négatif.et être champion de France en 2027. Pour ça, il va falloir que j'améliore mon service, la volée ainsi que mon endurance et l'explosivité."