Alice Ramé, la belle saison, l'espoir en qualifications

Estelle Couderc

17 mai 2026

A 28 ans, Alice Ramé a décroché le meilleur classement de sa carrière (192e), grâce à un enchaînement de résultats solides. Quatre ans après son unique passage Porte d’Auteuil, la Boulonnaise vise la qualification. La joueuse de l'équipe de France de Billie Jean King Cup débute ce lundi avec les honneurs du court Suzanne-Lenglen, face à la Polonaise Maja Chwalinska (tête de série n°8).

De Melbourne à Paris, en passant par le Portugal
Depuis le début de l’année, Alice Ramé vit un rêve éveillé. Après avoir disputé les qualifications de l’Open d’Australie pour la première fois, elle s’apprête à retrouver Roland-Garros, quatre ans après son unique participation.
A 28 ans, celle dont la carrière a été perturbée par de nombreuses blessures, notamment aux ligaments croisés il y a tout juste dix ans, savoure : "C’est intense ! C’est même fatigant, car il y a beaucoup de nouvelles choses, beaucoup d’adaptation et que je sors de ma zone de confort. Mais tous les mois, j’ai l’impression qu’un de mes rêves se réalise ! Me dire que je vais jouer au moins trois tournois du Grand Chelem, c’est déjà incroyable. Et puis la cerise sur le gâteau, ça a été la Billie Jean King Cup en avril. Quand Alizé m’a appelée la veille pour le lendemain, c’était juste fou !"

 

Un nouvel équilibre
Également finaliste pour la première fois en WTA125 en octobre dernier, Alice Ramé avance plusieurs explications à cette embellie. D’abord un changement de structure il y  a trois ans, puis le nouvel état d’esprit qui en a découlé.
Aujourd’hui, elle s’entraîne à la All In Academy, à Villeneuve-Loubet, avec Mislav Izak, le mari de Julie Coin. Dans le Sud, Alice Ramé a trouvé son équilibre : "Je suis plus libérée dans mon tennis, mais aussi hors du terrain. J’ai trouvé une bande de potes avec qui je m’entends super bien. Quand je rentre, je passe du temps où je ne pense pas au tennis et ça a fait une grande différence, ça m’a rendu beaucoup plus relax."
Autre conséquence, les blessures sont désormais moins fréquentes : "Je n’ai pas changé ma façon de travailler, mais je gère mieux mes moments de travail et de repos. Au tennis, on a tendance à oublier qu’il est important de se reposer ! Cela m’a sûrement aidée à faire une année pleine en 2025."

 

Objectif grand tableau.
Sur le court, la Boulonnaise est une combattante, dotée d’un revers à une main et d’un jeu atypique qui gêne la plupart de ses adversaires. Elle est aussi particulièrement adepte de la terre battue. Autant d’atouts pour espérer aller loin. "L’objectif, c’est la qualif, appuie-t-elle. En Australie, sur dur, je savais que ce serait plus compliqué pour moi. Ici, j’ai beaucoup plus d’attentes et de pression. Mais c’est très positif."
Et avec une majeure partie de sa famille basée à Boulogne, Alice Ramé sait qu’elle aura du soutien pour tenter d’effacer son souvenir mitigé de 2022 : "J’étais face à une autre Française, donc avec un public partagé. Et j’avais perdu alors que je menais. J’avais mis des mois à m’en remettre physiquement, mentalement. Ça m’avait pris beaucoup d’énergie. Même si ça reste un bon souvenir, car c’est toujours génial de jouer son premier Roland, j’espère que ça va être différent !"

Repères

28 ans, 192e WTA
Droitière, revers à une main
Club : TCBB (Hauts-deSeine, Ligue Ile-de-France)
3 titres sur le circuit ITF
Entraînée par Mislav Izak
Roland-Garros : 2e participation aux qualifications (1er tour en 2022)