Pour la première fois, une réunion enseignants-dirigeants a eu lieu début juin lors de l’Open Sopra Steria de Lyon, afin de mettre en place un échange fructueux. Retour sur cette initiative amenée à être reconduite.
Une réunion enseignants-dirigeants de clubs s’est déroulée pendant l'Open Sopra Steria de Lyon (Challenger 100). Elle a été organisée par les 2 membres du Conseil National des Enseignants Professionnels de la Ligue ARA (Laurent Trigon, directeur Sportif du RC Montluel Tennis, et Raphaël Azzi, directeur sportif du TC Fidésien (photo ci-dessus) avec le soutien de la ligue ARA. « Il y a avait une vingtaine d’enseignants, dont 6 sont membres du Conseil Régional des Enseignants Professionnels. Selon la taille des départements, nous avons un ou deux représentants afin de faire remonter les problématiques, grâce à ce maillage du territoire Auvergne-Rhône-Alpes. Ce Conseil Régional, en lien via un groupe WhatsApp, se réunit 3 à 4 fois par an, en « visio » ou de façon physique. Cette réunion sur Lyon en fait partie, résume Laurent Trigon. Il s’agit d’une ébauche de ce que l’on veut reproduire, peut-être lors de l’AG de la Ligue, et aussi en organisant un futur séminaire enseignants-dirigeants ».
En amont de ce rendez-vous, Laurent Trigon et Raphaël Azzi avaient envoyé un questionnaire aux 800 enseignants de la Ligue, environ 200 ont répondu, soit 25% de retours. Ce document en 3 parties s’intéressait d’abord à leurs profils, puis à leurs ressentis et motivations, avant d’évoquer leurs perspectives, besoins ou conditions d’évolution de carrière.
Une fiche conseil pour les dirigeants
« Nous avons commencé par informer les participants de ce qui ressortait de ce questionnaire via un quizz, l’idée étant de faire émerger certaines problématiques. Après cela, des tables rondes ont eu lieu avec les 3 dirigeants présents, afin de faire ressortir ce qui marche bien dans la relation enseignant-dirigeant ou a contrario, ce qui la détériore. Car notre volonté est ensuite de créer une fiche conseil à destination du dirigeant avec des points de vigilance », indique Laurent Trigon. Globalement, il en ressort que les enseignants ont plutôt une relation constructive avec leurs dirigeants et sont majoritairement impliqués dans les décisions prises. Ce qui manque, c’est surtout un cadre institutionnel et économique plus clair, notamment sur toutes les missions hors terrain de plus en plus prenantes. « Les dirigeants doivent faire un pas vers les enseignants et vice-versa. On constate par exemple que 50% des enseignants (au sein de notre Ligue) n’ont pas d’entretien annuel, tandis que 50% n’ont pas de fiche de poste...Or ils ont beaucoup de missions administratives ou hors terrain, ce qui fait que leur investissement réel dépasse largement les heures données sur les courts et crée un sentiment de manque de reconnaissance », poursuit Laurent Trigon.
Confortés par la réussite de cette première, Laurent Trigon et Raphaël Azzi pourraient animer un atelier consacré à la relation dirigeant – enseignant lors duColloque National des Enseignants Professionnel en octobre à Roland-Garros.
Les mots pour le dire
« Pour que le fameux binôme Enseignant-Président fonctionne, il faut des valeurs communes ainsi qu’une bonne communication. L’enseignant doit par exemple être présent lors des réunions de Bureau de son club. A Lyon, nous avons organisé un atelier au cours duquel les enseignants et dirigeants devaient définir une relation idéale en 10 mots. Ils ont notamment répondu : liberté, respect, cadre, confiance, philosophie, honnêteté, vision/objectifs, transparence, écoute, empathie, reconnaissance, compétence, complémentarité, partage, alchimie ou soutien, énumère Laurent Trigon. Le but de tous ces travaux est de produire cette fiche conseil car le binôme président – enseignant reste le point clé d’un club qui fonctionne. Or parfois cela manque, l’une des parties n’est pas forcément consciente de tous les besoins et objectifs de l’autre. Ce qui ressort également, c’est que les enseignants exercent leur métier par passion du tennis. Mais nous sommes devenus des couteaux-suisses, avec un travail très prenant, des horaires décalés et parfois des missions pas assez reconnues, ce qui peut créer un essoufflement. L'objectif du CNEP est de professionnaliser notre métier pour garder notre passion, le rendre plus durable et soutenable dans le temps ; Nous sommes persuadés que cela doit être l'ensemble des acteurs (Instances fédérales, comités, clubs, enseignants) qui porte simultanément cette responsabilité ».
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Le point de vue de Raphaël Azzi, directeur sportif du TC Fidésien :
« A refaire avec un meilleur équilibre enseignants-dirigeants »
« Il s’agit d’une initiative à refaire mais avec une meilleure communication afin d’avoir plus de monde, et notamment un meilleur équilibre enseignants-dirigeants, puisque certains dirigeants n’ont pas pu venir. Mais c’est tout de même d’un bon démarrage. Cet espace de parole a été apprécié, chaque enseignant a pu se présenter, exposer ses problématiques. Donc je pense que les participants étaient contents. Il pourrait être intéressant d’ouvrir un véritable espace de débat. Une première étape consisterait à favoriser des échanges entre enseignants d’une part, puis entre dirigeants d’autre part, avant de mettre en commun nos points de vue pour les enrichir mutuellement. L’enjeu est d’arriver à ancrer ce type de rendez-vous, que tout le monde sache que chaque lundi de l’Open Sopra Steria de Lyon, cette réunion a lieu. Et d’en faire une aussi lors du Grand Prix de Bourg-en-Bresse (ITF W15) ou du tournoi féminin d’Andrézieux-Bouthéon (ITF 75). Nous allons faire un compte-rendu de cette réunion, afin de préparer l’Assemblée Générale de la Ligue ARA et de nourrir le débat. Il s’agissait donc d’un premier jet. Pour agir au niveau local, il faut un plan d’action et le suivre. Les DE doivent être intégrés au projet de leur club, qui sont devenus des « entreprises associatives ».



