85 ans hommes : du tatami à la terre, Jean-François Houlier reste un champion

E.B.

19 juin 2026

Le joueur de Tours, ceinture noire de judo, a remporté son deuxième titre de champion de France dans un écrin qu'il admire plus que tout.

Jean-François Houlier avait une crainte sur le court n°10 du stade Roland-Garros ce vendredi : perdre un ami. Le joueur de l'Association Tennis Grand Tours (classé 30, ligue CVL) est bien devenu champion de France 2026 de la nouvelle catégorie +85 ans après avoir - sèchement - battu Gérard Valles (CVL). Mais il ne voulait pas en faire trop. "Comme toujours, je voulais être très combatif sur le terrain, mais avec modération, parce que je ne voulais pas perdre son amitié, a confié le vainqueur. C'est un joueur de la même ligue que moi et on se connaît bien. A 5-0, je lui ai donné un peu le jeu... Mais ensuite, j'ai ramé comme un malade pour qu'il n'en prenne pas deux dans le deuxième set !"

Mission accomplie : ce 6/1, 6/2 n'a pas entaché l'amitié de ces deux passionnés de tennis. "On se propose justement de jouer en double prochainement. C'est un joueur excellent à la volée et je pense qu'on pourra être vraiment performants aux championnats du monde".

Le Tourangeau remporte un 2e titre en simple après celui des 75 ans en 2016. Mais ce ce n'était pas à Roland-Garros. Et ça change tout ! "J'ai essayé d'orienter mon fils dans le tennis et il avait réussi à faire quelques matchs à Roland-Garros. Et personnellement, j'ai repris ma raquette depuis deux ou trois ans, depuis que les championnats sont revenus à Roland-Garros. Gagner ici, ça n'a rien à voir avec un titre ailleurs. Ici, c'est mythique... Avec un peu d'imagination, on voit les ombres des Mousquetaires et on a l'impression de rentrer dans une élite sportive qui m'a toujours fait rêver".

La victoire d’un (sacré) compétiteur dans l’âme

Car le double champion de France a aussi un riche passé sportif du côté des tatamis. Ceinture noire troisième dan, ancien prof de judo, il avait même créé avec des amis son propre dojo. "Je suis ravi de gagner aujourd'hui, parce que j'ai toujours quelque peu regretté l'orientation professionnelle prise quand j'avais 25 ans, pour devenir ingénieur dans la construction mécanique et non pas de gym ou de tennis. Le fait d'être champion de France en 75 et 85 me permet d'être en paix avec mes jeunes années !"

Le secret de sa forme ? Une volonté de se battre et de gagner digne d'un joueur pro. "C'est la compétition qui nous fait sortir de notre train-train quotidien, juge-t-il. Quand on prend une raclée en compétition, la plupart des gens, la plupart des compétiteurs se disent 'Ouais, c'est sympa, ça m'a fait plaisir, mais j'ai perdu'. Perdu cette fois.. Mais je pourrai peut-être prendre ma revanche dans un mois si je le rencontre à nouveau. C'est le secret de la compétition. C'est la raison pour laquelle je prône à tous les jeunes de vivre la compétition. En respectant les règles, bien sûr."

D'ailleurs, le licencié de l'ATGT pense déjà à la suite. Les championnats du monde cette année bien sûr, mais aussi la défense de son titre l'an prochain. "Je réfléchis à réserver ma chambre d'hôtel aussitôt que possible pour revenir en 2027", rigole-t-il. Les Mousquetaires, dont les statues veillent sur Roland-Garros, doivent être ravis d'avoir pareil héritier.