Grâce à un triplé historique lors des tournois du Cap-d'Ail, d'Istres et de Beaulieu, Daniel Jade a fait un bond de géant au classement mondial juniors. Le Normand, qui a reçu une wild-card pour le tableau du Challenger d'Aix-en-Provence la semaine prochaine, est revenu sur sa volonté de redescendre en juniors, son impatience avant Roland-Garros et la suite de sa carrière.
Au lendemain du tournoi de Beaulieu-sur-Mer, on a pu voir sur les réseaux sociaux une publication de Daniel Jade indiquant "back-to-back-to-back". Un anglicisme difficilement traduisible en français mais qui symbolise à merveille les trois trophées remportés coup sur coup lors de la mini tournée provençale chez les juniors.
Jamais encore un joueur n'avait encore remporté à la suite les J200 du Cap-d'Ail et d'Istres puis le J300 de Beaulieu. Le Français l'a fait en ne perdant... qu'un seul set en 15 matchs ! On est allé poser quelques questions au licencié de Mont-Saint-Aignan sur ces dernières semaines et sur la suite de la saison.
Daniel, tu viens de remporter trois tournois juniors particulièrement prestigieux. Comment t'étais-tu préparé à cette tournée ?
J'ai pris match par match et d'entrée, mon niveau de jeu était haut. J'ai commencé par le tournoi du Cap-d'Ail que j'avais très bien préparé avec un stage de prépa à Nice où il y avait tous les jeunes du CNE. J'étais très concentré, prêt à tout donner.
Franchement, c'est extraordinaire de réussir ce triplé. Je savais que ça allait être dur de gagner les trois. Pour moi, c'est vraiment important. Quand je vois qu'il y a des joueurs comme (Richard) Gasquet ou (Benoît) Paire qui ont fait le doublé, et que moi j'ai même réussi le triplé... ça montre que je suis sur la bonne voie. Ce n'est qu'une étape dans ma formation mais c'est cool.
Pourquoi être revenu sur le circuit juniors alors que tu joues désormais beaucoup en ITF ?
La raison principale est que j'étais redescendu au classement juniors, j'étais sorti du top 100 comme je n'en avais plus joué depuis longtemps. L'objectif avant la tournée était de revenir dans le top 40 pour pouvoir participer au Grand Chelem juniors. Même si ce n'est plus la priorité, ça reste très intéressant de faire ces tournois. Gagner les trois tournois m'a permis de remonter à la 35e place donc je serai bien dans les tableaux des prochains tournois du Grand Chelem.
Quelles différences tu as constaté entre le jeu chez les juniors et chez les pros ?
Dès que j'ai joué au Cap-d'Ail, j'ai tout de suite senti la différence. Ces derniers mois, j'ai beaucoup joué en pros même si ce n'était pas facile. J'ai eu quelques invitations en Challenger et j'ai par exemple pu jouer contre (Kei) Nishikori qui est quand même ancien finaliste à l'US Open.
Physiquement, les juniors sont moins développés. Il y a moins d'intensité même si en termes de tennis pour, les juniors frappent bien. La grosse différence, c'est vraiment sur la constance, pendant un match entier. En juniors, il y a plus de hauts et de bas, les joueurs t'offrent quelques points gratuits. Le service est aussi un petit peu moins fort. C'est parce que j'ai joué en pro et donc énormément progressé que j'ai pu faire ce triplé.
Tu parlais de tournois du Grand Chelem... Dans quelles semaines débute Roland-Garros ! Qu'est-ce que ce tournoi représente pour toi ?
Ça va être très spécial pour moi. Depuis des années, c'est un tournoi qui me passionne. Je regarde "Roland" depuis que je suis tout petit. C'est un privilège de jouer ce genre de tournoi et puis avoir le public derrière soi, les supporteurs... Forcément ça me fait rêver et me donne encore plus envie de tout donner et de me battre.
Roland-Garros juniors est un très gros objectif, d'autant que je viens de prouver que j'étais quand même parmi les meilleurs dans cette catégorie. Forcément je vise très haut pour "Roland". Ce sera difficile, car il y a beaucoup de pression et beaucoup d'attente. Mais on voir ce que ca va donner.
Où t'entraînes-tu actuellement ?
Je suis au CNE à l'année, je m'y entraîne et j'y dors tous les jours. Pour les coachs, j'ai passé l'année avec Stéphane Huet et Sébastien Poublet sur la partie physique. Je suis très content d'être au CNE, il y a tout ce qu'il faut pour progresser et performer.
Actuellement, on parle beaucoup d'une jeune français de ta génération, Moïse Kouame, qui a 17 ans comme toi et qui a récemment passé un tour en Masters 1000 et gagné des tournois ITF. C'est motivant de voir son parcours ?
Forcément, de voir quelqu'un comme Moïse jouer si bien à cet âge- là, ça donne un supplément de motivation. Je sais que je suis capable d'aller jusqu'au très haut niveau. Il faut juste continuer de travailler tous les jours, tout donner. Moïse prouve que ce n'est pas impossible, même très jeune.






