Thomas Faurel, le bonheur d’être là, l'envie de rester

Estelle Couderc

26 mai 2026

Sorti des qualifications sans perdre un set, Thomas Faurel (20 ans, 378e ATP) s’apprête à entrer pour la première fois dans le grand tableau parisien, lui qui n’a jamais joué un match sur le circuit principal. Un rêve devenu réalité.

Thomas Faurel avait du mal à réaliser, jeudi dernier, à l’issue de son dernier tour des qualifications. Trois matchs, trois victoires sans perdre un set, pour celui qui jusque-là ne comptait qu’une simple défaite de qualifs à Paris, il y a deux ans. Le joueur de l’ASLM Tennis Cannes, né à New York, arrivé en France à 15 ans après avoir grandi en Californie, Arizona et Géorgie, a eu cinq jours pour digérer la chose, profiter de l’instant, lui qui a toujours rêvé de Roland-Garros.
"Depuis que je suis tout petit, c’est mon tournoi préféré, confiait-il. Mes deux parents sont français, je me suis toujours senti plus français qu’américain. Chaque année, je n’attendais que ça : suivre Roland-Garros à la télé. C’était déjà un rêve d’y participer, alors gagner un match, puis se qualifier... Encore plus ici que n’importe où au monde, ces étapes sont incroyables !"

Émerveillé, mais pas surpris. Car Thomas Faurel, discret et réservé, savait en arrivant que son jeu était bien en place, que ses chances d’avancer étaient plus élevées que lors de son premier passage en 2024. Très solide en défense et sur son revers, le neveu de Jean-Christophe Faurel, coach d’une certaine Coco Gauff, s’appuie davantage sur son physique, n’hésitant pas à entraîner ses adversaires dans de longs échanges. Il a aussi progressé en service-retour et surtout, il a passé un cap mentalement.
"Pendant les qualifs, j’ai très bien géré la pression et le stress. Je suis fier de moi sur ce domaine, j’ai pris en maturité. Il y a  deux ans, j’étais très stressé et je n’avais pas forcément eu le courage d’aller chercher le match. J’étais là , je courais, je mettais la balle dedans, mais je n’avais pas le courage d’aller chercher mes points. Ce n’est plus le cas aujourd’hui."

"On n’a rien changé dans notre méthode mais à force, ça paie"

Les premiers signes s’étaient déjà fait sentir récemment au Challenger d’Aix où Thomas Faurel a battu David Goffin. A Quimper également, du haut de ses 20 ans et de sa 517e place mondiale d’alors – il est aujourd’hui 378e –, il était venu à bout de Nikoloz Basilashvili. Le fruit d’un travail quotidien avec Baptiste Ranoldi, son coach depuis décembre 2022. "On n’a rien changé dans notre méthode mais à force, ça paie. Tout à coup, tu passes un petit cap, tu gagnes quelques matchs qu’avant tu perdais. C’est vraiment fou, avec Baptiste, on est allé au milieu de nulle part pour jouer des tournois, il n’avait même pas de chaise pour s’asseoir et là, on gagne un match sur le Suzanne-Lenglen pour se qualifier pour Roland. C’est quand même fabuleux !"

Sacré champion de France juniors en 2023 à Roland-Garros, Thomas Faurel s’apprête à vivre une nouvelle expérience parisienne. Face au Monégasque Valentin Vacherot, tête de série n°16, le jeune Français s’est fixé son objectif premier : profiter de l’endroit et de ce public qui l’a tellement poussé la semaine dernière. "Ça va être mon premier match en cinq sets, je suis très excité et je pense que ça va être super cool. Dans ma tête, comme je me dis depuis le début du tournoi, c’est juste du bonus. Tout ce que je souhaite, c’est prendre un maximum de plaisir et faire de mon mieux." Car quoi qu’il arrive, sa quinzaine parisienne est d’ores et déjà réussie.

Son adversaire

Valentin Vacherot
27 ans, MON, 19e ATP
Droitier, revers à deux mains
1 titre (Masters 1000 Sdhanghaï en 2025)
Roland-Garros : 2e participation ; 1er tour en 2024