Minuit allait sonner quand Gaël Monfils a joué son dernier coup de raquette à Roland-Garros, face à Hugo Gaston. Un coup droit trop profond, venu mourir loin de la ligne, qui ne restera pas dans les compilations des plus beaux points du Français. Mais l'essentiel était bien sûr ailleurs.
Impossible de résumer la carrière de Gaël Monfils en quelques lignes tant elle est riche et pleine de surprises. Joueur au physique hors normes, personnalité chaleureuse, pourvoyeur en hot shots de toute sorte et en glissades aérodynamiquement inconcevables, "La Monf" est une superstar dont la notoriété a largement dépassé les frontières de son sport.
Mais un tennisman français se définit aussi forcément à travers sa relation avec Roland-Garros. Pour la Monf', on parlera sans doute de belle histoire d'amour inachevée. Vainqueur chez les juniors en 2004 (face à Alex Kuznetsov), le Français participe dès l'année suivante au tableau final, où il sera sèchement stoppé au premier tour par Guillermo Canas.
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En 2004, Gaël Monfils avait réussi un "Petit Chelem juniors" en remportant à la fois Roland-Garros, Wimbledon et l'Australian Open.
Mais dès 2006, il remporte des succès marquants, notamment face à Murray ou James Blake. En 2008, il atteint les demi-finales, son meilleur résultat à "Roland". Roger Federer mettra fin à son parcours en quatre sets accrochés. Gaël retournera en quarts en 2009 puis en 2011 et 2014.
S'il y a eu de nombreux matchs épiques et des coups de génie en pagaille, sa victoire la plus marquante reste probablement l'époustouflant marathon face à David Ferrer, en huitièmes de l'édition 2011. Touché à la cheville, le Français remporte le match en deux jours au terme d'un 5e set rempli d'échanges fous. À noter que durant toute sa carrière, la Monf a gagné 12 matchs en cinq sets à Roland-Garros, pour cinq défaites. Son pourcentage de victoires à Paris s'élève à 70%. Anecdote curieuse pour une si longue carrière : s'il a joué Roger Federer, Novak Djokovic et Andy Murray à Paris, il n'a jamais rencontré lé maître des lieux, Rafael Nadal.
"Bonsoir tout le monde, a commencé le Français, très ému. On y est... je vous aime tellement. Je vais commencer par vous maman et papa. Je voulais tellement jouer au tennis. J'ai réussis à aller au Creps de Reims. Je voulais remercier la Fédération. J'ai pu m'exprimer, voyager. Je n'y serais jamais arrivé sans la FFT. Et puis "Roland", c'est magique. J'ai créé quelque chose exceptionnel ici. Merci beaucoup, Roland-Garros. Vous allez vraiment me manquer." La réciproque est vraie.
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