La réussite d’un club de tennis se construit rarement en solitaire. Elle repose avant tout sur un échange constant entre le président et l’enseignant, fait de respect mutuel, de dialogue et d’écoute. À la tête du Tennis Club Boulazac Isle Manoire, Alexandre Brégeon et Christophe Bonnet incarnent ce tandem essentiel. Président et enseignant partagent leur vision et racontent comment ils œuvrent ensemble, en confiance, pour faire vivre le club. Interview croisée.
Quel est votre rôle au quotidien dans le fonctionnement du club ?
Alexandre Brégeon (AB) : Mon rôle de président est avant tout celui d’un dirigeant bénévole, engagé au service d’un projet collectif. Le club existe parce que des femmes et des hommes donnent de leur temps, de leur énergie et de leurs compétences sans contrepartie financière. Sans cet engagement bénévole, il n’y aurait ni structure, ni salariés. Au quotidien, je veille au fonctionnement global du club, à son équilibre financier, à sa gouvernance démocratique et à la cohérence de nos actions avec le projet associatif. Je suis garant des valeurs fondatrices de la loi 1901 : non-lucrativité, intérêt général, transparence et équité. Être président, ce n’est pas gérer seul, c’est fédérer, arbitrer et protéger un cadre collectif dans lequel bénévoles, salariés et adhérents peuvent s’épanouir. Et c’est se rendre disponible chaque jour, chaque soir, chaque dimanche et jour férié !
Christophe Bonnet (CB) : Mon rôle s’apparente à celui d’un chef d’orchestre puisque je gère l’ensemble des actions menées par le club. Mon quotidien m’amène à traiter des sujets sportifs, économiques et financiers mais aussi administratifs. J’ai la chance de ne pas avoir quitté non plus le terrain, entre les heures d’enseignement (du baby tennis aux 10 ans) et les missions d’accompagnements en tournois.
Comment décririez-vous votre collaboration en quelques mots ?
AB : Notre collaboration est fondée sur le dialogue, la confiance et une compréhension claire des rôles de chacun dans le respect du fonctionnement de l’association, et repose sur une vision nécessairement partagée du club.
CB : Notre collaboration est assez simple puisque notre vision de la vie du club et ses grands principes est commune. Nous traitons les dossiers avec recul, sérieux et rigueur.
Qu’attendez-vous l’un de l’autre pour que le club fonctionne bien ?
AB : J’attends d’un enseignant-directeur qu’il soit le garant des valeurs du club et du projet associatif, qu’il fasse vivre sur les courts et en dehors les valeurs défendues par les dirigeants bénévoles, et qu’il garantisse une égalité de considération entre tous les pratiquants et tous les salariés. De mon côté, je considère qu’il est de ma responsabilité de fixer un cap, d’être juste, de défendre et de valoriser le travail des salariés, mais aussi de rappeler que ce travail est rendu possible par l’engagement bénévole. Le nouveau projet associatif que nous avons récemment adopté n’est pas un document théorique : c’est un acte qui nous engage fortement et qui constitue la colonne vertébrale de notre club et trace le chemin à suivre lors des prochaines années.
CB : J’attends d’un président qu’il soit visionnaire, ambitieux et qu’il dresse un cap. Nous venons d’écrire le projet associatif 2025/2032, c’est une étape incontournable pour continuer à progresser et relever de nouveaux défis. J’attends également un soutien lors d’éventuelles difficultés rencontrées avec adhérents, parents ou équipe pédagogique.
Quelles qualités appréciez-vous le plus chez l’autre ?
AB : Chez Christophe, j’apprécie avant tout sa connaissance du club et de son univers. Christophe a également su cheminer et évoluer depuis trois ans pour s’adapter à la nouvelle gouvernance du club et pour que notre binôme fonctionne, certes différemment, puisque le président précédent était aussi son père.
CB : J’apprécie beaucoup les valeurs portées par Alexandre. Je pointerais en premier sa franchise, son sens des responsabilités, son énorme capacité de travail et son écoute.
En qualité d’enseignant, comment transmettez-vous les valeurs du club à travers l’enseignement ?
CB : Chaque jour, sur chaque terrain, des dizaines d’heures de cours sont dispensées à des publics très différents. Je souhaite que mon équipe pédagogique ne fasse pas de différences entre les publics et soit performante pour chacun. Cela se matérialise par une intransigeance du savoir être de l’enseignant, une préparation optimale des contenus de séances, une écoute et une adaptation permanente à nos adhérents, une empathie sincère vis-à-vis de nos entrainés. Chaque enseignant doit chercher le dépassement de soi des joueurs, la remise en question permanente, la curiosité et le questionnement. Je demande également une grande rigueur dans l’écoute, source de progrès. Coté compétition, l’humilité dans la victoire ainsi que la remise en question après la défaite sont des valeurs que nos moniteurs prônent au quotidien. J’ai la chance d’avoir une équipe d’enseignants très à l’écoute et surtout dévouée au club. Félix, Diane, Benoit, Benjamin, Philippe et Tanguy sont des exemples, toujours disponibles et soucieux du bien commun de notre structure.
En tant que président, comment soutenez-vous le projet sportif mis en place par l’enseignant ?
AB : Je soutiens le projet sportif en créant les conditions de sa pérennité et je m’implique au quotidien en étant disponible et au plus près du terrain, de l’équipe pédagogique et de nos adhérents. Je suis attentif à tous les résultats et n’hésite pas à intervenir sur les sujets sportifs car je suis passionné, attaché à la réussite de tous et c’est le cœur de notre association. J’ai d’ailleurs proposé de nouveaux objectifs collectifs à atteindre dans notre nouveau projet associatif. Cela passe aussi par des choix budgétaires responsables, une gestion rigoureuse et une défense constante du travail pédagogique auprès des partenaires et des institutions. Le projet sportif s’inscrit dans un projet associatif plus large, fondé sur la formation, l’accès pour tous, des objectifs en adéquation avec la politique sportive et la reconnaissance du rôle de chacun.
Comment travaillez-vous ensemble à créer les conditions idéales pour le bien du club ?
AB : Nous travaillons dans une logique de coconstruction, en nous appuyant sur les instances élues du club et l’ensemble de l’équipe pédagogique salariée. Cette méthode garantit que les décisions ne reposent jamais sur une seule personne mais sur une intelligence collective. Je me rends disponible tous les jours et ne coupe pratiquement jamais pour compenser le fait que ce soit impossible d’imposer cela à des salariés.
CB : Nous tachons de nous retrouver une fois par semaine au club pour traiter du quotidien même si nous nous téléphonons presque tous les jours. Nous travaillons avec une “To do list” afin d’aller à l’essentiel quand nous nous voyons et ne pas oublier certains points importants. Nous travaillons les gros dossiers en amont puis le bureau valide. Quand un de nous deux doit prendre un peu de recul ou s’absenter, l’autre prend le relais.
Quelle importance accordez-vous à la convivialité et à l’esprit club ?
AB : La convivialité n’est pas un supplément d’âme : elle est un marqueur fort de notre identité associative. Un club où l’on ne se rencontre que sur un court devient une simple structure de services. Un club vivant, animé, est un lieu d’engagement citoyen. Nous accordons une place centrale à la reconnaissance des bénévoles, car ils sont le socle invisible mais indispensable de toute la vie du club.
CB : Dans notre projet associatif réécrit cette année et qui nous mènera en 2032, la place prise par la convivialité et l’esprit club est très importante. Nous avons un salarié, Benjamin, missionné pour créer du lien associatif et renforcer les relations humaines dans le club. Nous sollicitons souvent nos bénévoles pour nos actions extra tennis et nos animations. Nous avons tenu à leur rendre hommage à la dernière assemblée générale. Quant à l’esprit club, il se retrouve au travers des journées festives ou de travail communes entre dirigeants et salariés, des excellentes relations de travail entre les membres de l’équipe pédagogique, des conditions de travail, notamment avec différents marqueurs RH spécifiques au club, pour les salariés.
Pouvez-vous donner un ou deux exemples d’actions ou d’événements réussis grâce
AB : Notre quotidien est rythmé, les exemples sont nombreux et la liste ne saurait être exhaustive. Par exemple, nous avons intégré au club une académie de haut niveau fondée par un de nos enseignants, Benoit Ramos, et je suis très heureux de pouvoir soutenir davantage les jeunes ayant des projets forts et tournés vers le haut niveau. Nous pérennisons aussi, chaque année, nos actions dans le cadre de la politique de la Ville avec l’association Fête le Mur au sein de l’agglomération du Grand Périgueux. C’est un ensemble de réalisations qui font de notre club un véritable club pour tous.
CB : Un ou deux exemples seraient insignifiants par rapport au nombre incalculable de réussites communes. On peut citer récemment l’obtention du label “Club FFT engagé” niveau Or, la bonne tenue de la dernière AG ou encore le changement de surfaces des salles 1 et 2.
Avez-vous déjà rencontré des désaccords ? Comment les avez-vous surmontés ?
AB : Les désaccords peuvent exister, mais ils sont normaux et même nécessaires comme dans toute structure. Nous les surmontons par le débat, l’argumentation ainsi que le respect des instances et de la décision finale. C’est aussi cela, faire vivre une association au quotidien.
CB : Sans parler de désaccord, il arrive parfois que nous ne voyons pas les choses de la même façon. L’écoute et le dialogue permettent que l’on trouve toujours une issue favorable aux situations proposées.






