Paternité, fin de saison magique et nouveaux objectifs : on fait le point avec Nicolas Gianotti !

E.B.

6 mars 2026

Entre heureux événements, titres et médailles, le meilleur beacheur de la planète a connu une année 2025 riche en émotions. Récemment sacré en BT 200 pour son retour à la compétition, Nicolas Gianotti évoque ses derniers mois intenses et la suite de sa carrière.

Tu es devenu papa à l'été 2025. Comment se passe la paternité ?

Nicolas Gianotti : Tout se passe très bien. On a de la chance d'avoir un bébé facile qui dort de 21h à 6h. Mais on doit s'organiser un peu différemment avec madame. Pendant les périodes un peu off, les semaines où il n'y a pas de tournoi, je peux le gérer n'importe quand. Par contre durant les tournois, c'est davantage ma compagne qui s'en occupe pour que je puisse avoir de grandes plages de récupération.

L'an dernier, il y a eu aussi les championnats du monde, avec une très belle perf' de l'équipe de France qui a décroché la médaille de bronze. Quels sont tes souvenirs de cette compétition ?

Des émotions vraiment incroyables. Avant la compétition, c'était dur de se projeter sur un résultat parce que deux de nos trois titulaires étaient blessées chez les filles. On faisait jouer deux novices qui n'avaient pas du tout l'expérience de rivaliser avec les meilleures.

Donc l'équipe ne s'était pas vraiment donné d'objectif cette fois. Mais le tableau a été favorable. Certaines nations ne sont pas venues, comme le Venezuela, l'équipe qui nous a sortis sur les deux dernières compétitions. Et on a su en profiter.

On a perdu en demies contre le Brésil, au mixte décisif, mais le contenu était vraiment bon. Dans le match pour le bronze, on a battu l'Italie, qui était triple vainqueur en titre, en gagnant au mixte décisif. Le dernier match était vraiment incroyable. L'émotion était folle, tout le monde était heureux... Je crois que je n'avais jamais vu le coach (Jérôme Maillot) pleurer comme ça.

En y repensant, c'était vraiment une saison incroyable entre les championnats d'Europe où l'on finit premier par équipes et puis cette troisième place aux Mondiaux. Gagner en équipe de France, c'est vraiment magique. 

À titre personnel, trouves-tu que c'est plus intense quand tu gagnes en équipe ? 

C'est différent en tout cas. Tu es plus content pour les autres que pour toi-même. Personnellement, par rapport à ma carrière, arriver troisième aux championnats du monde, ce n'est pas un résultat qui me comble. Mais ça m'a fait tellement plaisir de voir le coach content comme ça, les autres joueurs et tous le staff français derrière... Ça me rend heureux de voir ces gens heureux.

Est-ce que tu penses qu'il y a moyen d'aller encore plus haut aux Mondiaux, de viser la deuxième ou la première place ? 

Sachant que ceux qui ont gagné cette année, c'est l'Espagne, et que c'est toujours très serré contre eux, oui. Cette année, on a joué au mixte décisif contre les meilleures équipes, le Brésil et l'Italie. Donc il y a moyen, c'est sûr.

Mais on a souvent du mal dans les matchs mixtes. Face à l'Italie, on a réussi à sortir un très gros match parce que les conditions nous ont beaucoup aidé : le sable était très dur, ce qui nous permettait de mieux appliquer notre style de jeu. 

Après, les équipes un peu en dessous ne sont pas loin non plus. Je pense au Venezuela qui nous pose souvent des problèmes. C'est assez resserré même si on n'a pas réussi à passer assez de caps pour avoir la médaille d'or. Mais si on arrive à avoir un meilleur mixte, on peut battre tout le monde. 

© FFT

Nicolas Gianotti et Maïré Bray, une équipe très forte sur le papier mais qui manque encore d'automatismes.

Une nouvelle saison de beach tennis débute. Comment t'es-tu préparé pour ces prochains mois ? 

Cette année, j'ai décidé de prendre plus de vacances que d'habitude, de ne pas aller jouer les premiers tournois début février. Je voulais prendre une vraie pause et profiter d'être en famille, avec notre enfant, et voir tous les proches.

J'ai donc vraiment coupé deux mois entiers, du 15 décembre au 15 février. Deux mois de repos total. J'en avais besoin physiquement, mentalement, pour tout. Je voulais profiter un peu du petit, en tournois, ce n'est quand même pas pareil. Depuis le 15 février, on reprend de façon intense : cinq entraînements par semaine avec la raquette plus trois entraînements physiques. 

J'ai repris la "compèt" fin février, lors d'un tournoi brésilien d'un niveau un peu inférieur par rapport à d'habitude, au BT200 Guaruja, avec Diego Bollettinari. Depuis trois ou quatre ans, je joue un tournoi en général une fois par an avec lui. On s'entraîne tous les jours ensemble, c'est un partenaire et un très bon ami à moi. Et sur les tournois mineurs, on ne joue jamais ensemble avec mon partenaire habituel, Mattia Spoto. On préfère garder de la fraîcheur mentale et ne jouer que les tournois les plus importants. 

Bolletinari m'a donc demandé de jouer avec lui : j'avais une semaine dispo, c'était parfait pour me remettre en rythme et tester ma nouvelle raquette qui est arrivée la semaine dernière. Et on a gagné le tournoi ! C'est cool mais rien n'a changé avec Mattia Spoto. Je joue toujours avec lui et on se retrouve le 18 mars pour le tournoi de Cuiaba, au Brésil.

Tu as quasiment tout gagné au cours de ta carrière. Est ce que les objectifs seront les mêmes cette année ?

Il y a des tournois plus importants à gagner que d'autres, notamment l'Open des Brisants et le championnat du monde par paires. Cette année, il va peut-être se jouer au Portugal, alors qu'il était toujours organisé en Italie. Il y aussi le Masters qui doit se jouer à Jeddah, en Arabie Saoudite. Mais vu les conditions, on ne sait pas si ça peut se faire cette année ou pas... Question politique, on verra !

Ensuite les championnats d'Europe et les championnats du monde sont toujours des gros rendez-vous avec l'équipe de France. Cette année, on va essayer de bosser plus sur le mixte. Je pense qu'avec Jérôme (Maillot), on va mettre à fond l’accent dessus.

Mais les objectifs restent les mêmes : garder la place de numéro 1 et gagner les grands tournois. Finalement, il n'y a pas trop de choses qui bougent. Mais c'est bien, je ne vais pas m'en plaindre (rires).