Marceline et Ewen, nouvelles recrues, futurs champions ?
Emmanuel Bringuier
15 septembre 2026
Ces deux enfants, âgés de neuf ans, ont récemment découvert le tennis-fauteuil à l'occasion du Para Tennis Tour. Et c'est peu dire que la discipline leur plaît !
C'est peut-être le début d'une grande aventure. Marceline et Ewen, tous deux âgés de neuf ans, ont découvert il y a peu le tennis-fauteuil. Et pour l'un comme pour l'autre, l’envie de jouer, de progresser voire de rêver plus loin est déjà bien présente.
Rembobinons le temps jusqu'à la fin de l'hiver dernier, le 12 mars 2026 précisément. Le Para Tennis Tour fait alors étape dans l’hôpital où travaille la mère de Marceline. La jeune fille teste un fauteuil de sport et tape quelques balles avec Yannick Noah.
Cette rencontre change la vie de Marceline, atteinte de la maladie de Charcot-Marie-Tooth, une maladie neuromusculaire dégénérative. Car si la jeune fille connaît un quotidien fait de contraintes et d’adaptations, le tennis lui offre une possibilité essentielle : celle de pratiquer avec les autres.
Après avoir discuté avec Laurent Trentler, président de l’Union Rémoise de tennis, Marceline effectue plusieurs essais avant un premier cours officiel le 10 septembre. "La vie au club se passe super bien", se réjouit sa maman. Marceline est traitée comme une joueuse à part entière sans aucune différence avec les autres ce qu'elle apprécie fortement. Elle s'entend très bien avec Louis, son partenaire de cours."
Horizon "Roland"
Son arrivée s’inscrit dans une dynamique de développement du tennis-fauteuil. Elle a notamment pu bénéficier des conseils de Frédéric Patierno, entraîneur national de tennis fauteuil en charge des juniors, lors de son passage au club.
Sa coach Jackie Lassaux a par ailleurs été choisie pour intégrer le suivi des éducateurs para tennis par la FFT. "Pour le moment, Marceline est très heureuse de jouer au tennis même si la pratique la fatigue au vu de sa pathologie, précise sa maman. Elle a hâte de progresser pour enfin jouer des matchs et se projette jusqu'à un jour jouer à Roland-Garros."
"Roland" justement ! Grâce à l’association Attrap' La Balle, elle a eu l’occasion de faire le toss du Tournoi des Légendes sur le court Suzanne-Lenglen. Une expérience qui a nourri un rêve désormais bien concret : "Du coup Roland-Garros va devenir un déplacement incontournable chaque année...".
Pour le plaisir... et la gagne
À plusieurs centaines de kilomètres de là, en direction de l'ouest, du côté de la Bretagne, l’aventure d'Ewen commence, elle, par une conversation anodine. "Un soir, je discutais avec une amie qui avait pratiqué le tennis et qui est passionnée par ce sport, raconte sa mère. Ewen a entendu notre conversation et m’a dit : 'Maman, ça m’intéresse, je veux en faire.'"
Coup de pouce du destin, le Para Tennis Tour fait étape près de chez eux, à Cesson-Sévigné. L’expérience est immédiatement concluante. "Après avoir quitté le Para Tennis Tour, Ewen ne faisait que m’en parler. Il n’attendait qu’une chose : pouvoir pratiquer le tennis. Avec le recul, je pense vraiment que cette journée a été le point de départ de l’aventure tennis d’Ewen. En tant que maman, cela m’a aussi permis de rencontrer des personnes et d’avoir des contacts afin qu’Ewen puisse pratiquer cette belle discipline s’il le souhaitait"
Cette journée lui permet également de rencontrer deux visages bien connus du tennis, notamment Yannick Noah. "Au départ, Ewen ne savait pas réellement qui c’était ! Je lui ai expliqué ensuite, mais surtout, il a pu avoir avec Yannick un très bel échange, à la fois humain, convivial et sportif. Yannick lui a donné envie de jouer avant tout pour le plaisir et non pour la gagne, même si Ewen est très compétiteur !"
Un sourire qui en dit long
Invité grâce au Para Tennis Tour à Roland-Garros, le jeune garçon a aussi pu voir jouer Ksénia Chasteau. Cette rencontre a été un véritable déclic pour lui dans l’acceptation de son fauteuil. "En la voyant jouer en fauteuil et aussi bien, il s’est dit : 'Elle est en fauteuil et elle joue super bien. Elle y arrive. Pourtant, elle se tient debout comme moi, mais elle joue en fauteuil. Donc je ne suis pas tout seul.'" Il a ensuite pu échanger quelques mots avec la finaliste de Roland-Garros et prendre quelques photos. "Il était très intimidé, mais son sourire en disait long."
Sa passion, le jeune garçon la vit aussi au-delà du terrain, puisqu’il suit aussi les matchs à la télévision et aime se rendre dans les tournois. Et même quand il est blessé, il vit tennis ! "Ewen s’est fracturé le petit doigt de la main droite alors qu’il commençait tout juste son initiation au tennis fauteuil, en fin de saison. Après quatre semaines d’immobilisation, il a pris sa raquette, une balle de tennis et m’a dit : 'Maman, tu me fais quelques passes ?' C’est tout Ewen !"
Ce garçon courageux a pourtant connu, très jeune, sa part de tragédie. "Ewen a une myopathie dégénérative rare et orpheline depuis sa naissance. Nous l’avons appris lorsqu’il avait 14 mois, après d’innombrables séances de rééducation. Aujourd’hui, son fauteuil est son principal moyen de déplacement. Mais son handicap ne définit pas Ewen. C’est avant tout un petit garçon plein de vie, qui a toujours le sourire, qui ne se plaint jamais et qui aime la vie."
Dès septembre, il sera licencié au club de Cesson-Sévigné, qui a prêté à Ewen un fauteuil roulant, accessoire coûteux mais indispensable. Un geste qui a fait chaud au cœur à la famille. "Merci à la FFT et à toutes les personnes qui permettent à des enfants comme Ewen de découvrir une passion, de prendre confiance en eux, de se dépasser. Mais aussi tout simplement de profiter du plaisir de faire du sport", conclut sa maman.











