La reine Diede de Groot trop forte pour Ksénia Chasteau en finale
A Roland-Garros, Emmanuel Bringuier (avec G.B.)
6 juin 2026
Pour sa première finale en Grand Chelem, Ksénia Chasteau a été battue par la meilleure joueuse de l'histoire du tennis-fauteuil, Diede de Groot, intouchable. Mais la Française de 20 ans a réussi son tournoi et bâti des fondations pour l'avenir.
Douloureux. Mais précieux. C'est ainsi que l'on pourrait définir le moment vécu par Ksénia Chasteau dans sa première finale en Grand Chelem.
Douloureux, parce qu'après avoir gagné le premier jeu, elle a ensuite subi la loi de Diede de Groot, l'impératrice du tennis-fauteuil. Les larmes ont vite coulé sur le visage de la Française, à peine la défaite consommée.
Précieux parce que l'aventure fut belle. A 20 ans, la jeune Marseillaise a disputé sa première finale en Grand Chelem, chez elle, à Roland-Garros. Elle peut être fière de son parcours, avec notamment une victoire sur la n°2 mondiale en demi-finales. "J'ai vécu cette semaine comme un moment suspendu. C'était incroyable. Merci à vous tous de m'avoir permis de revivre des émotions aussi fortes que quand j'ai joué ici, pendant les Jeux de Paris", a lancé Ksénia à l'adresse du public Suzanne-Lenglen, venu en nombre la soutenir, avec beaucoup de ferveur et de bienveillance.
On espérait pourtant que la Marseillaise puisse rivaliser avec son adversaire avec ces tribunes bien remplies et prêtes à rugir. Mais Diede de Groot n'est pas la "GOAT" (Greatest of all time) du tennis-fauteuil pour rien. Les jeux ont défilé assez vite en faveur de la Néerlandaise, de retour au sommet, elle qui avait été blessée au bras, il y a deux ans, et qui a retrouvé toute sa verve.
43 titres au total, 24 Grand Chelem en simple pour de Groot
Capable d'arrondir les trajectoires en défense, de trouver les bonnes zones en attaque, de contrer côté coup droit comme côté revers, celle qui compte désormais 43 titres du Grand Chelem à son palmarès (24 en simple et 19 en double), à seulement 29 ans, n'a pas laissé de place au suspense. Quand elle joue comme ça, elle est un mélange de Rafael Nadal et de Novak Djokovic sur la terre battue de Roland-Garros.
Il n'y avait rien à faire pour Ksénia, qui reste une très jeune joueuse de tennis-fauteuil à qui on peut espérer un très, très bel avenir. Elle a déjà atteint la 6e place mondiale, elle peut désormais viser encore plus haut.
Dans ce match trop vite à sens unique, le public a bien tenté de jouer son rôle en applaudissant chaleureusement chaque point gagné par la Française, mais le match s'est conclu en à peine 48 minutes sur un score très sec (6/1, 6/0).
Submergée par l'émotion, Ksénia a lâché des larmes bien compréhensives. Mais la Marseillaise, qui n'avait encore jamais connu ces altitudes en Grand Chelem (elle n'avait jamais fait mieux que quarts de finale en Majeur jusqu’à présent), a sans doute emmagasiné beaucoup d'expérience aujourd'hui. L'aventure a un goût d'inachevé mais elle ne fait que commencer.
L'élève de Gabriel Tassaro n'oubliera pas de si tôt les encouragements qu'elle a reçus. "Merci d'être venus aussi nombreux. Même si j'ai perdu, ça restera un souvenir gravé dans ma mémoire." Un souvenir qui l'aidera aussi à vouloir progresser encore et toujours pour pouvoir rivaliser, un jour, les yeux dans les yeux, avec la reine néerlandaise.









