Pour dynamiser son activité, le club de Joigny a choisi de développer une offre de beach tennis. Le succès a été rapidement au rendez-vous, preuve que le "beach" peut s'épanouir même loin du littoral et être un formidable terrain de jeu… toute l’année.
Loin des plages et des clichés estivaux... Et alors ? Il y a quelques années, le club de Joigny, dans l’Yonne, a fait le pari de se différencier et de redynamiser sa structure en se lançant dans le beach tennis. Un choix stratégique assumé qui répondait aux besoins d'une structure en perte de vitesse. "Quand on a repris le club avec le président il y a trois ans, il avait perdu pas mal d’adhérents, explique Yann Chandivert, directeur sportif. Nous avons voulu monter un véritable projet club et nous souhaitions lancer une discipline associée pour développer l'activité."
Dans un contexte où le padel est en plein essor, la tentation est forte. "Le président était parti sur cette idée, mais on a vu qu’à moins de huit kilomètres, deux complexes de padel ouvraient. C’est alors que l’idée du beach tennis émerge. "J'ai dit au président : 'moi, je te propose le beach. C’est fun, ludique, moins onéreux, et dans nos cordes'."
Ayant déjà pratiqué le beach-volley, Yann Chandivert connaît bien le sable. Il passe sa formation à Aix-en-Provence et s’engage pleinement dans l’aventure. "Le beach tennis reste un sport de raquette, mais avec des coups spécifiques et un filet plus haut, observe-t-il. On est presque plus proche du badminton."
Un projet porté par le club, soutenu par les collectivités
Le projet de Joigny se construit pas à pas. D’abord en sensibilisant les adhérents, même avant la création des terrains. "Avec le président, on s’est mis à jouer et à participer à des tournois ailleurs. Puis je me suis beaucoup appuyé sur les copains d'Appoigny et de l’AJ Auxerre, qui sont des clubs historiques du beach dans l’Yonne."
Le directeur sportif souligne que si la création des terrains est une initiative purement associative, les pouvoirs publics ont été très présents. "Ce n’était pas un projet de la municipalité au départ. C’est vraiment le club qui a porté le dossier. Mais les collectivités nous ont suivis et nous ont beaucoup aidés." Le financement est subventionné à plus de 85 %, avec une gestion assumée par le club, fait assez rare localement.
Initialement prévus pour trois terrains, le site permet finalement d’en aménager quatre en enfilade, un format idéal pour accueillir des compétitions. Les terrains ont été livrés fin août 2025, avec un premier tournoi organisé immédiatement. Aujourd’hui, Joigny dispose de quatre terrains labellisés FFT, d’une esplanade en cours d’aménagement et d’une programmation dense. "On joue presque toute l’année. Dès qu’il y a un rayon de soleil, on est sur le sable", sourit Yann Chandivert.
Entraînements hebdomadaires, école de beach, tournois hiver compris : la pratique est annualisée. Dès septembre 2025, une école de beach tennis a d'ailleurs vu le jour : dix adultes, neuf enfants, pour une vingtaine de séances à l’année. "On avait semé des graines avant même d’avoir les terrains. Du coup, ça a tout de suite pris."
Une dynamique sportive et humaine
Avant que le président et le directeur sportif reprennent les rênes du club, Joigny comptait environ 110 licenciés tennis. Aujourd’hui, ils sont près de 200 ! Le beach tennis a participé grandement à ce renouveau, via les multiples initiatives du club : tournoi hivernal avec soirée raclette, tournoi mixte adultes-enfants, compétition en partenariat avec une association pour le droit des femmes, accueil de la phase régionale des championnats par équipes en mai...
Mais Joigny ne s'arrête pas là et voit déjà plus grand avec l’organisation d’un BT 500 les 8 et 9 août, avec l’aide de Maëlle Hibon (originaire de Bourogne et 45e joueuse mondiale), et en coordination avec les autres clubs de l’Yonne. "L’idée est de construire un vrai calendrier départemental, explique Yann Chandivert. On est loin des plages, c'est vrai, mais il y a une dynamique, et des clubs importants pas très loin comme Champs-sur-Marne et Champagne-sur-Seine".
Une section sport-scolarité à venir
À la rentrée prochaine, une section sport-scolarité tennis et beach tennis verra le jour. "La formation et les jeunes, c’est essentiel, reprend le directeur sportif. L’idée, c’est qu’ils pratiquent les deux et se spécialisent ensuite. Des stages tennis/beach, des BT25 pour les débutants, et le renforcement de l’école de beach sont également prévus."
Au-delà du terrain, le beach tennis contribue à la relance globale du club. Il est devenu un véritable outil d’ouverture qui permet aussi de garantir plus de sécurité financières. "Nous avons la chance d'avoir un président qui est un entrepreneur et qui a lancé une belle politique de partenariat. On propose des afterworks aux entreprises. Et faire des tournois de beach, c’est aussi économiquement intéressant, parfois plus que le tennis. Le beach a ce côté ludique et convivial que le tennis n’a pas toujours. Je n’y trouve que des qualités."
À Joigny, le sable n’est donc pas un simple gadget. C'est la preuve qu’un club de Bourgogne peut jouer presque toute l'année sur le sable, même à plusieurs centaines de kilomètres du littoral...










