Finale 11-12 ans garçons : le rendez-vous des miraculés

Au stade Roland-Garros, G.B. avec Nino Loizeau et Thomas Nicolai

18 juin 2026

Au terme de deux demi-finales épiques, pleines de rebondissements, d'émotions et de très grande qualité de jeu malgré la chaleur, Matéo Barachet (ligue de PACA, 15/1) et Simon Cauchois (Nouvelle Aquitaine, 15/1, photo) ont gagné leur place en finale des championnats de France 11-12 ans. Quoi qu'il arrive vendredi dans le match suprême, le vainqueur sera revenu de loin...

Ce n'est plus le "vrai" tournoi de Roland-Garros, mais toutes proportions gardées, il y avait comme un air de famille. On s'en souvient, le dernier Grand Chelem a accouché en première semaine de pléthore de matchs marathons disputés sous le cagnard, et porteur d'émotions fortes. Ce jeudi 18 juin, cette journée de Roland-Garros Tennis Club a elle aussi été un peu dingue, sous une chaleur écrasante.

Pendant que se disputaient les finales 13-14 ans sur le court n°13, de l'autre côté du Suzanne-Lenglen, les deux demi-finales garçons 11-12 ans ont été épiques. Et remarquables par leur intensité, leur niveau de jeu et le comportement des quatre acteurs, malgré la canicule, malgré l'enjeu.

Sur le court n°6, ce fut peut-être le match le plus "médiatique" du jour. Il opposait Jules Haehnel, tête de série n°2 du tournoi, seulement 11 ans, à Simon Cauchoix, 12 ans. Pendant 2h30, ces deux-là ont tout donné pour aller en finale, sous l’œil de nombreux supporters de "Boubou", le surnom affectueux donné au fils de Jérôme Haehnel, ex-top 100 mondial, figure du TC Paris, qui un jour, dans ce stade, a battu au 1er tour de "Roland" un certain Andre Agassi. Richard Gasquet et Nicolas Mahut, notamment, sont venus en voisins regarder ce match de près. Simon Cauchoix, du TC Pau, avait aussi de nombreux supporters qui, comme tout le public du stade, s'abritaient dans quelques coins d'ombre des tribunes pour assister à ce beau spectacle.

Après un premier set maîtrisé par Jules, Simon a fait parler sa puissance, notamment en coup droit, pour revenir à hauteur de son rival puis même prendre l'avantage au début du dernier acte. Mais malgré son déficit de puissance, le chouchou du TCP, très créatif, très "joueur", a repris le dessus et s'est offert deux balles de match à 5-4, 40-15 sur son service. Simon a d'abord écarté le premier danger d'une superbe accélération de coup droit. Avant que son adversaire ne prenne un risque trop grand sur sa seconde balle de match.

Ensuite, Simon Cauchoix a semblé le plus frais dans les deux derniers jeux (2/6, 6/2, 7/5). Plus frais, façon de parler. Si c'est bien le joueur de Nouvelle-Aquitaine qui a triomphé, les deux "gamins" ont mérité les applaudissements nourris du public. En larmes dans les bras de son papa "Jéjé", Jules a touché au cœur les témoins de la scène. La victoire de Simon était elle aussi attendrissante, tant il a su se montrer fort mentalement et a su trouver les ressources pour frapper des coups gagnants au moment décisif. "C'était très dur, Je suis très fier de moi, a confessé le vainqueur à sa sortie du court. Gagner à Roland-Garros comme ça, c'est incroyable. Le stade est tellement grand. Je n'avais jamais joué sur d'aussi bons courts en terre battue. Je m'en suis sorti au mental. Il y a eu des moments où j'étais désespéré. Mais bizarrement, à la fin, j'y croyais énormément."

Licencié au TC Pau, Simon s'entraîne le plus souvent au Tennis club de la Madeleine avec Armel Rancezot. Ce fan de Jannik Sinner espère ce vendredi réussir là où son joueur préféré a échoué : gagner à Roland-Garros.

Matéo Barachet, au nom du père

Dans l'autre demi-finale, il n'y a pas eu de balle de match sauvée par le vainqueur, mais le scénario a été encore plus renversant, et le marathon encore plus long. Après près de trois heures de lutte acharnée, Matéo Barachet est venu à bout d'Edgar Margoline (PACA, 15/1). Ce match joué sur le court voisin, le n°8, a offert une superbe opposition de styles, entre le grand Matéo, au joli revers à une main et au service déjà impressionnant alors qu'il n'a que 11 ans (il est né le 2 janvier 2015), et le gaucher Edgar, au jeu varié avec un caractère de bagarreur épatant.

Mené 4-0 puis 5-3 dans la dernière manche, Matéo a trouvé les ressources pour l'emporter 6/7, 6/2, 7/5 dans un match digne d'un Fonseca-Djokovic (encore une fois toutes proportions gardées) en termes de dramaturgie et de plaisir à suivre.

D'un calme olympien du début à la fin du match, Matéo a peut-être trouvé l'inspiration dans les gênes paternels, puisque son papa Xavier n'est autre que l'ancien international de handball, sacré champion olympique avec l'équipe de France en 2012 et trois fois champion du monde. "J'ai un an de moins, c'est super bien d'être en finale, et plus encore en étant ici à Roland-Garros. Le stade est incroyable. J'avais trop hâte d'être là. L'an dernier, j'ai regardé les interviews du champion de France, Thiago Carmasol. J'ai réussi à être fort mentalement, à rester calme. Je pense que c'est ce qui a fait la différence."

La victoire consommée après avoir remporté les quatre derniers jeux du match, Matéo s'est écroulé de joie, alors qu'il n'avait pas manifesté le moindre signe de stress au plus fort du suspense. Sans forfanterie, il a apprécié comme il se doit cette victoire. "Il ne faut jamais lâcher dans un match. J'ai réussi à aller de l'avant dans les moments importants. Par le passé, mon attitude n'a pas toujours été mon point fort. Mais là aujourd'hui, oui !"

Entraîné à Nice par Thomas Roux, le joueur du TC Méditerranée, qui a débuté le tennis grâce à sa grand-mère, n'a aucun joueur préféré. Même s'il avoue un petit faible pour Arthur Fils. Il reconnaît aussi ne pas avoir que le tennis comme amour pour le sport. Du haut de son 1,76m (à 11 ans), il aime s'exprimer dans un sport de ballon. "Je joue au handball, je m'entraîne toutes les semaines. Et je dispute des matchs le week-end." Bon sang ne saurait mentir.