Victorieux de ses deux premiers tours du Grand Chelem inaugural de cette année 2026, Corentin Moutet se retrouve au pied d’une montagne à l’aube de son troisième match : le n°1 mondial, Carlos Alcaraz. Parviendra-t-il à faire déjouer le sextuple vainqueur en Majeur ? Éléments de réponse.
Il aborde certainement cette année 2026 avec davantage de sérénité. Présent sur le circuit professionnel depuis dix ans, Corentin Moutet est parvenu à franchir un cap supplémentaire l’an dernier. En ayant revêtu la veste de l’équipe de France de Coupe Davis pour la première fois d’abord. Membre particulièrement actif de la qualification des Bleus pour le Final 8, il est notamment sorti vainqueur de ses deux matchs en Croatie, contre Dino Prizmic puis Marin Cilic.
Mais en 2025, celui qui a un temps porté de costume de n°2 français a également disputé deux finales sur le circuit, à Majorque et à Almaty. Une présence sur la dernière marche dans un tournoi qu’il n’avait plus connu depuis 2020 (défaite à Doha, face à Andrey Rublev) et un plein de confiance important à l’aube d’une nouvelle saison.
Avantage Alcaraz
S’il connait déjà le stade du troisième tour en Majeur (il s’était d’ailleurs incliné lors de son troisième match à Melbourne l’an passé), le Français n’a en revanche encore jamais défié Carlos Alcaraz. Le défi de ce vendredi (vers 3h30 du matin, en France) s’annonce immense. "Il va falloir que je joue bien c’est une certitude, parce que c’est l’un des meilleurs joueurs du monde, a-t-il déclaré en conférence de presse après sa qualification. Mais on ne change pas son identité en quelques jours. Mon identité, c’est ce qui fait que je suis un bon joueur. C’est comme ça que je suis le meilleur quand j’arrive sur le terrain. Je suis super enthousiaste et content de pouvoir jouer contre lui."
Sauf que l’espoir est largement permis. Si l’Espagnol est actuellement n°1 mondial et six fois titré en Grand Chelem, il s’est toujours heurté à plus fort que lui à Melbourne : c’est le seul des quatre Majeurs qu’il n’a encore jamais remporté, ne dépassant même jamais les quarts de finale. Alors mentalement, Corentin Moutet a forcément un coup à jouer. "J’adore ça : tous les jours, c’est un défi différent, a encore ajouté l’intéressé. Là, le défi va être tennistique. Je suis curieux et content d’avoir un nouveau défi à relever et de voir ce que tout le travail que j’ai fait avec mon équipe va donner face à l’un des meilleurs joueurs du monde. Face aux meilleurs, on peut voir ce qu’il nous reste à travailler, ils arrivent à éclairer nos zones les plus faibles et c’est un super apprentissage pour la suite."
Autre élément qui peut jouer en la défaveur du Murcien : il s’est récemment séparé de son coach de toujours, Juan Carlos Ferrero, avec lequel il a passé sept ans, soit l’intégralité de sa carrière sur le circuit. S’il s’est imposé en trois manches à l’occasion de ses deux premières sorties, il est encore difficile de mesurer l’impact de cette nouvelle organisation dans le staff espagnol.
S’il ne s’avancera pas avec l’étiquette de favori collée dans le dos ce vendredi, il faudra en revanche compter sur l’imprévisibilité du jeu de Corentin Moutet. Désormais auréolé du nouveau statut de tête de série dans un Grand Chelem – après avoir atteint son meilleur classement en 2025 –, il est prêt à assumer face au meilleur joueur du monde. De plus, sa motivation dans ce genre de rencontres n’est plus à prouver. Si son corps ne lui fait pas faux bond (il a été légèrement touché aux ischios en début de tournoi), il faudra forcément compter sur ses nombreuses fulgurances, ses services à la cuillère toujours surprenants et sa fougue iconique pour contrarier les plans du n°1 mondial.

